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 L'héritière

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lorenal666
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lorenal666

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MessageSujet: Re: L'héritière   L'héritière - Page 2 EmptySam 25 Avr - 20:36

Chapitre 8 : Repos ( Deuxième partie )




Le sol de la prison était recouvert de symboles ésotériques que décrivait un cercle concentrique. Alyssa s'évertuait à purifier les énergies magiques qui convergeaient au centre de la pièce, assisté par Solas qui manipulait les énergies du Voile pour isoler magiquement l'endroit. Tandis que Dïrth attendais son tour  posé sur le rebord d'une petite table ronde, Cassandra surveillait les préparatifs du rituel. La Messagère avait expliqué qu'il y a des années, quand elle se croyait sensible à la possession, elle s'était infligé un rite impliquant de graver dans sa chair des runes de lyrium qui, si elle était devenu une Abomination, auraient consumé son corps et le démon avec. Les conseillers avaient été profondément choqués par cet révélation, et en étaient venu à se demander si leur Messagère n'avaient pas des intentions suicidaires. Bien qu'elle s'empressa de les rassurer à ce sujet elle les avisa que ses marques la brûlaient car, au fur et à mesure que son pouvoir progressait il entrait en conflit avec le sceau. Léliana avait fait jouer ses relations pour procurer à la jeune femme le nécessaire pour la soulager et avait fait parvenir le tout dans le sous-sol de la Chantrie en toute discrétion.

« _ Il y a quelque chose que je ne comprend, dit finalement la Chercheuse en croisant les bras, votre sceau est conçut pour réagir aux démons, pourquoi est-ce qu'il réagirait à vos pouvoirs croissants ?

_ Quand j'ai rencontré Dïrth, elle caressa la tête de l'oiseau, il m'a confirmé ce que je soupçonnais et au lieu d'inverser un coûteux et douloureux rituel qui n'aurait finalement servi à rien, il m'a aider à l'adapter. Ce qui était à l'origine une assurance pour mon entourage a finalement servi à limiter des pouvoirs que je ne comprenais pas, elle ôta sa cape, dévoilant un haut couleur sable sans manches et qui laissait son dos nu, permettant aux quelques rayons de lumière qui pénétrait l'endroit de révéler ses marques, et maintenant ils débordent, déclara-t-elle sereinement.

_ Cela n'a pas l'air de vous inquiété, remarqua Cassandra, je suis d'accord sur le fait que se soit une bonne chose que vous ne pouviez pas être posséder mais votre vie est quand même en danger !

_ Dites-moi Chercheuse, combien de mages vos templiers ont exécutés ou apaisés pour "ne pas prendre de risque" ? Vous reposeriez sur eux pour se salir les mains à votre place ? J'ai choisi de ne pas faire passer mon bien-être avant celui des autres, je pensais que vous m'approuveriez. Qui plus est, je n'ai jamais souhaité mourir, je suis prête à donner ma vie pour une juste cause mais je ne me suiciderais pas, ni ne me laisserais mourir, je le dois à mes parents et à tout ceux à qui j'ai survécut.

_ Tant que vous n'en faite pas trop...

_ Messagère, j'ai isolé la pièce, j'espère que vous savez ce que vous faites, cela ne me plaît guère de troubler les esprits, maugréa l'apostat.

_ Je vous remercie pour votre aide, et je comprend votre point de vue, mais je ne tiens pas mon pouvoir de l'Immatériel, et Dïrth non plus, je veux juste éviter les interférences.

_ Justement, vous disiez qu'il vous avait aidé mais comment ? Ce n'est qu'un oiseau, s'interrogea la Chercheuse en fixant le corbeau volumineux, dont les yeux brillaient d'une indéniable lueur d'intelligence.

_ Il a mêlée sa propre énergie à celle du sceau d'origine, c'est pour cela que j'ai besoin de lui pour l'ôter.

_ À vous deux vous bousculez tous le savoir que les plus grands esprits de Thédas ont peinés à rassembler en mille ans, vous devez bien comprendre que cela demande un temps d'adaptation, argumenta Solas.

_ Cela ne m'a pas posé de problème, la réalité ne s'adapte pas à notre bon vouloir, elle tendit ses bras marqués, on peut passer aux choses sérieuses ? 

_ Vous ne nous avez toujours pas dit ce que vous comptiez faire, renchérit Cassandra, ni même la raison de ma présence ici.

_ Dïrth et moi sommes liés par un contrat en accord avec les lois de la magie, il m'offre sa connaissance des langues, de l'histoire et de la magie, et en retour je lui prête une partie de mes pouvoirs pour qu'il puisse de nouveau se manifester physiquement, et constater tous les changements qui on eus lieux durant son long sommeil. Mais pour me débarrasser du sceau il doit reprendre sa forme d'esprit, or mon pouvoir actuel ne lui permet pas d'alterner entre sa forme spirituelle et sa forme physique, c'est le but du rituel, elle désigna d'une main le cercle luminescent qu'ils avaient tracés, je dois rassembler suffisamment d'énergie propre à ce côté du Voile. Et puis vous êtes une Chercheuse, c'est votre rôle de surveiller ce genre de chose.

_ Les lois de la magie ? Je croyais que vous n'aviez rien appris du Cercle, s'étonna Cassandra.

_ Le Cercle est l’œuvre des mortels, leurs lois ne s’applique qu'à eux, pas à la Création, rétorqua la sorcière. La magie existe depuis l'aube des temps, c'est un fragment du monde, tout comme le sont les éléments, et tout comme ces derniers elle est soumise à ses propre règles. Elle planta son regard dans les yeux de son interlocutrice avant de se retourner, pénétrant dans le cercle dont les symboles s'illuminèrent à son entrée. La Chantrie a justifiée ses actions envers les mages en clamant qu'ils pouvaient tuer cent personnes en un claquement de doigts, c'est vrai mais a-t-on besoin de la magie pour commettre de tels horreurs ? Le Tiern Loghain à provoquer une guerre civile en plein Enclin, car les crimes des Orlésiens lors de l'occupation le hantaient encore, le Grand Duc Gaspard a mis son Empire à feu et à sang simplement parce qu'il estimait que le Trône lui revenait, les gens pointent du doigt la magie seulement parce qu'elle est plus spectaculaire. Si vous voulez que le combat que mène l'Inquisition ne soit pas vain, les mentalités devront changer, ou nous en pâtirons tous... »

Voyant que sa maîtresse n'avait rien à rajouter, Dïrth s'envola et se plaça face à elle. La lumière des symboles tracés au sol s'intensifia et se mua en une barrière d'énergie qui entourait l'esprit et la sorcière. Le corps de ce dernier doubla de volume et l'extrémité de chacune de ses plumes devint semblable à de la fumée, zébrée d'une lumière alternant entre le vert émeraude et le bleu azur. L'étrange brouillard entoura le corps de la jeune femme et fit apparaître sur ce dernier une multitude de caractères, que Solas identifia comme étant de l'elfique ancien, formant plusieurs lignes couvrant entièrement son corps, enserrant ses chevilles, ses poignets, son abdomen, sa poitrine et sa gorge. Soudain Dïrth se figea dans les airs, ses ailes entièrement déployées, produisant une intense lumière bleu-verte. Sous les yeux médusés de ses deux compagnons, Alyssa se mis à léviter au milieu des volutes de fumée et des particules de lumière, son corps se crispant sous l'effet de la douleur. Les écritures de lyrium commencèrent à rompre leur alignement, avant de se décoller une à une de sa peau, elles se morcelèrent puis disparurent dans l'air. L'entrave dissipée, Alyssa retomba lentement sur le sol, dans un soupir de soulagement, avant de s'effondrer d'épuisement. Tandis que Cassandra et Solas se ruèrent vers leur amie, Dïrth repris sa forme d'origine, bien que ce dernier semblait plus grand et plus imposant qu'auparavant. Reprenant peu à peu conscience, la sorcière se releva avec difficulté mais la douleur et la fatigue ne tardèrent pas à disparaître.

« _ Vous allez bien, s'enquit la Chercheuse.

_ Ça va, répondit l’intéressée qui prenait de profondes inspirations, tout est normal, je savait que ce ne serait pas une promenade de santé.

_ Est-ce que cela a fonctionné, demanda Solas.

_ Je crois. »

Elle fouilla la pièce du regard avant de s'arrêter sur une cuillère en bois, se trouvant dans un bol posé à même le sol. Elle tendit une main ouverte vers l'objet et se concentra, la cuillère se mit à vibrer avant d'être propulser vers elle, finissant sa course en heurtant violemment son front.

« _ Aaahhh ! Fasta vass ! Hurla-t-elle en appuyant sa main sur son front, manifestement elle était en pleine forme.

_ Tout va bien, demanda Solas qui tentait de réprimer un rire.

_ Messagère, tout le monde va bien ? J'ai entendu hurlé, Léliana venait d'arriver en courant.

_ Ce n'est rien Léliana, elle n'a pas senti sa force, railla la Chercheuse.

_ C'est ça, moquez-vous, vous ferez moins les malins quand je pourrais vous suspendre en l'air, maugréa la sorcière.

_ Je suis navré de gâcher votre bonne humeur mais Asala est rentrée de Thérinfal, avec certains de mes hommes.

_ Que s'est-il passé, demandèrent au même moment Alyssa et Cassandra.

_ Cullen et Joséphine nous attendent dans la salle de commandement, je préfère que l'on en discute en privé. »

Laissant leurs sourires derrière eux, Cassandra et Alyssa suivirent la Maître-espionne tandis que Solas alla chercher leurs compagnons à la demande de la Messagère. Asala était en pleine discussion avec les conseillers, Vivienne et Dorian, qui étaient déjà là, l'écoutaient dans un coin de la pièce. Lorsque tout le monde fut réuni, la Vashoff entama son rapport. Katriona se remettait lentement mais sûrement, elle assistait Ser Barris pour ré-organiser ce qu'il restait de l'Ordre. Puis son visage s'assombrit alors qu'elle leur révéla qu'ils avaient retrouvés le corps d'un Chevalier-Vigile qui avait survécut au Conclave.

« _ Ils ont exécutés leur supérieur, s'exclama Cullen.

_ Probablement sur ordre du faux Seigneur Chercheur, déduit Vivienne, les templiers ont mal choisi leur moment pour s'entre-tuer...

_ Ils n'ont fait qu'obéir aux ordres qu'ils avaient reçus, mais ça vous ne savez pas ce que c'est, renchérit Blackwall, dernier Garde opérant dans le Sud de Thédas, d'un ton acerbe et méprisant.

_ Gardez votre aversion pour les nobles pour vous Blackwall, renchérit la Messagère, agacé par les constant préjugés de ce dernier, Vivienne ne fait aucun jugement, c'est un fait, les templiers ont leur part de responsabilité dans ce qui c'est passé. Le fait de suivre les ordres n'excuse pas le meurtre d'un innocent. Les Chevalier-Vigiles sont leur supérieur direct et pourtant ils ont choisis de suivre le "Seigneur Chercheur", sans compter qu'ils sont censés incarner la vigilance et qu'ils n'ont pas protesté contre cet ordre. C'est un raisonnement enfantin que de considérer celui qui donne les ordres comme le seul fautif. Nous jouissons tous du libre-arbitre, ils ont choisis d'obéir sans se poser de question, point ! Combien sont déjà tombés à cause de ce genre d'attitude ? Je pensais qu'un Garde comprendrais.

_ Je crains que se ne soit que la partie visible de l'iceberg, ajouta Asala, tout les regards étaient de nouveau braqués sur elle, nous avons également découvert un certain nombre de documents et autres preuves indiquant que l'on prépare une tentative d'assassinat visant l'Impératrice Célène.

_ Assassiner l'Impératrice, s'affola Joséphine, avec le chaos ambiant et la guerre civile, Orlaïs ne s'en remettrait pas.

_ Assassiner un dirigeant débouche généralement sur une guerre de succession, mais avec le Grand Duc qui marche déjà sur vers Val Royaux, si l'Impératrice venait à mourir il se ruerait sur le Trône vacant, entraînant de nouveaux affrontements, Orlaïs tomberait à coup sûr, ajouta Alyssa. Mais qui pourrait-être derrière un tel acte et surtout maintenant ?

_ D'après l'esprit que j'ai mentionné dans mon rapport, Envie agissait pour le compte de "l'Ancien", je ne sais pas vraiment comment interprété cette information, les esprits sont difficile à comprendre, elle se tue en voyant les visages sombre de son entourage, vous savez quelque chose ?

_ Alexius a affirmé que lui et ses Venatoris agissait au nom de l'Ancien, expliqua Dorian, et comme par hasard c'était aussi le cas du démon qui s'était amusé à faire des expérience sur les templiers.

_ On dirait que vous avez eu raison de jouer sur les deux tableaux, Joyaux.

_ Je m'attendais à ce que l'Ordre ai ses propres problèmes mais je ne pensais que se serait lié, elle se tourna vers Cassandra, apparemment les Venatoris ne sont pas de simple fanatiques.

_ Vous avez raison, répondit la Chercheuse, l'Inquisition a un ennemi puissant et préparé, et tout porte à croire que c'est lui qui est à l'origine de la Brèche.

_ Qui que soit cet Ancien, nul doute qu'il ne nous laissera pas la refermer sans réagir, renchérit Cullen, surtout après avoir subit deux défaites.

_ Les templiers rouges se sont enfuis après la mort de leur chef et nombre de mages rebelles ont rejoint les Venatoris, ce n'est qu'une demi-victoire, tout au plus, précisa la Vashoff.

_ C'est exact mais pour l'heure la Brèche est notre priorité, malgré ses paroles Léliana comptait bien dépêcher ses agents sitôt cette réunion terminée, pour le moment les mages et les templiers coordonnent leurs préparatifs, les mages renforceront le pouvoir de la marque tandis que les templiers affaibliront la Brèche. Est-ce que vous avez réussit le rituel ?

_ Oui, mais il me faudra un peu de temps pour m'habituer.

_ Et beaucoup de pratique, renchérit Solas.

_ Ça suffit, j'ai le droit d'être maladroite, répondit la sorcière en passant sa main sur sa bosse. »

***

Plus tard dans la nuit, Mère Giselle s'occupait de ranger les fournitures destinées à ses guérisseuses. Herbes médicinales, baumes et cataplasmes artisanaux, bandages, fourrures et vêtements chauds pour les réfugiés qui continuaient d'affluer à Darse, la plupart envoyés par le clan Ralafeïrin. Grâce à l'entremise de la Messagère, nombre de vie avait été sauvées, et penser à elle fit sourire la prêtresse. Elle avait niée être la Messagère d'Andrasté, elle avait déclarée ne pas adhérer aux doctrines chantristes et pourtant elle incarnait bien plus les idéaux Andrastiens que la plupart de ses propres consœurs. Quand elle n'était pas en mission elle parcourait le village pour aider les autres, que ce soit en faisant des bandages, en ayant des paroles réconfortantes ou même en rapportant à leurs propriétaires légitime médaillons à portrait, alliances et peluches, qu'elle ramassait lorsqu'elle était sur le terrain. Mère Giselle se remémora le jour de son arrivée à Darse, l'Inquisition venait à peine d'être reformée et elle manquait cruellement de ressources, lorsqu'elle avait vu la Messagère déchirer les manches de son manteau pour panser les plaies d'un groupe de réfugiés, déclarant à l'ambassadrice que la soie était plus utile pour les premiers soins que pour se protéger du froid. Terminant de mettre à jour le journal à la couverture de cuir usé, dans lequel elle tenait l'inventaire de l'infirmerie, elle s'en alla prier avant de prendre quelque heures de repos. Elle fût surprise de voir qu'une autre personne était présente à cette heure tardive, agenouillée devant une statue représentant Andrasté. Allumant quelques cierges au pied de la sculpture, Alyssa se releva et se retourna, se retrouvant face à la religieuse, visiblement embarrassée qu'on l'ai surprise.

« _ Je ne m'attendais à vous voir à cette heure, Messagère, dit-elle en la saluant.

_ Mère Giselle, répondit l'intéressée en tentant de paraître calme, je croyais que la relève était arrivée il y a une heure, vous devriez vous reposer.

_ J'y allais, elle regarda les cierges quelques instants, est-ce pour les disparus ?

_ Oui, avoua-t-elle dans un soupire, je ne suis pas très porté sur la religion mais j'ai pris l'habitude de prier pour les défunts quand il n'y a personne d'autre pour le faire. S'il vous plaît, ne dite à personne ce que vous avez vu, certain vont sûrement espérer que je me convertisse et il y a une limite à ce que je suis prête à faire pour l'Inquisition.

_ Vous n'avez pas besoin de vous cacher, ce qui compte au yeux du peuple, ce n'est pas tant vos motivations mais l'aide que vous leur apportez. C'est à nous, les prêtresses, de les soutenir sur le plan spirituel. Et même si vous réprouvez la Chantrie ils savent que vous tenez la Prophétesse en haute estime, cela suffit à les rassurer.

_ "La Prophétesse", se sont les cultes du Créateur et donc, par extension, la Chantrie qui ont choisis de l'appeler ainsi. Ils croyaient qu'elle était de provenance divine, supérieure aux mortels, qu'elle ne pouvait que triompher. Mais c'était une femme comme vous et moi, qui a contemplé le monde dans lequel elle vivait, a pris une profonde inspiration et a dit "non". Elle a connu le doute et l'échec, peut-être a-t-elle perdu la foi à un moment donné mais au final elle s'est battu jusqu'au bout avec ses compagnons, et en la déifiant, la Chantrie a jeté aux orties la valeur de toutes ses actions, elle est "passé de preuve vivante de ce qu'une poignée peut accomplir" à "image publicitaire de la Chantrie". Elle se retourna vers la statue et, d'un geste de la main, matérialisa une couronne de fleurs, des perce-neiges, au pieds de cette dernière. Vous saviez que les dalatiens continuait à honorer Andrasté et ses compagnons ? Ces "sauvages hérétiques" n'ont pas oubliés à qui ils doivent leur liberté, et ils n'ont pas besoin de miracle ou d'intervention divine pour cela. Après un silence de quelques minutes, Alyssa se ressaisit. Je vous prie de m'excuser, Mère Giselle, vous vouliez simplement être aimable et je me suis encore enflammé.

_ Ce n'est rien, répondit-elle en un léger rire, il n'est pas bon de tout garder enfouie en nous, qui plus est, je n'ai que trop rarement l'occasion de parler de la Chantrie avec des esprits ouverts. Je comprend votre point de vue, et bien que je n'est moi-même jamais crû qu'Andrasté était infaillible, je prend conscience, qu'étant donné que chacun à sa propre interprétation du Cantique, que certains peuvent effectivement la croire au-dessus des hommes et que nous ne pouvons qu'implorer son aide.

_ Je ne dit pas que je serais contre un coup de pouce du destin pour refermer la Brèche, confia la sorcière dans un sourire.

_ Quand est prévus votre départ ?

_ Nous partons à l'aube, j'espère que d'autres problèmes ne lui succéderont pas.

_ Alors mes sœurs et moi prierons pour votre réussite. »


Dernière édition par lorenal666 le Sam 2 Mai - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'héritière   L'héritière - Page 2 EmptyVen 1 Mai - 23:57

Chapitre 9 : La nuit rouge





Elle scrutait le ciel. En cette nuit, les sanglots et les lamentations avait laissés la place à la musique, aux rires et aux chants. Elle se forçait à regarder à travers le cercle d'un vert vaporeux, cherchant une quelconque monstruosité prête à déchirer à nouveau le ciel, mais elle n'y vit que l'obscurité de la nuit. L'Inquisition était victorieuse, la Brèche, bien que toujours présente dans les cieux, était fermée, le Voile et Thédas étaient saufs. Elle grelottait légèrement, sa chemise en laine d'agneau et son court pourpoint en cuir de druffle était tout ce que lui restait comme armure, la dernière s'étant faite incinérée à Golefalois. Tirant une nouvelle fois sur ses long gants, pour dissimuler ses marques, elle tourna la tête vers son bâton. Délaissant un instant l'ambiance festive de Darse, Alyssa se rappela avec amertume ceux qui n'était plus, saisissant son arme endommagée, que maître Harrith ne pouvait réparer. Elle s'en doutait, l'art des forgerons et enchanteurs d'Arlathaan s'était perdu il y a longtemps. Resserrant sa poigne sur le manche de bois sombre, la sorcière se détourna de la scène, dans l'intention de rentrer dans la salle d’État-major, se retrouvant face à face avec Cassandra. Cette dernière, visiblement surprise que leur Messagère s'éclipse ainsi de la fête, entama la conversation tout en regardant soldats et réfugiés danser autour d'un feu de joie.

« _ Solas confirme que les cieux sont balafrés, mais calmes. La Brèche est fermée. On nous signale quelque failles résiduelles, et beaucoup de questions restent sans réponses, mais c'est une victoire. Les récits de votre héroïsme se sont répandus.

_ Et je suis sûre que les gens sont heureux d'avoir été sauvé par une sorcière, ironisa Alyssa. De toute façon, je n'ai pas plus de mérite que n'importe quel autre membre de l'Inquisition, et cette dernière aurait échouée si elle avait été seule. Je n'ai pas l'impression d'être une héroïne, ou alors nous sommes tous des héros, elle sourie brièvement, ce qui ne serait pas pour me déplaire.

_ Vous ne devriez pas vous inquiéter, les gens réagissent plutôt mal au mot "sorcière" mais la seule chose dont nous sommes sûrs est que vous êtes différentes des "autres mages". Cela, en plus de votre comportement au cours des dernières semaines, devraient inciter la plupart des gens à vous voir comme une protectrice, intimidante certes mais dans le bon sens du terme.

_ Je n'ai pas encore fait étalage de mes pouvoirs débridés, renchérit la jeune femme, mais, même si je ne partage pas votre optimisme, j'espère sincèrement que les gens accepterons mon existence. Je ne peux guère en demander plus, elle prit un instant pour réfléchir aux paroles de la Chercheuse, vous me croyiez quand je dis que je suis une sorcière ?!

_ Comme Miranda l'a fait remarquer, c'est le terme qui vous définit le mieux, et en tant que Chercheuse je ne peux nier le fait que, malgré vos impressionnant pouvoirs, vous n'êtes pas une mage, ou tout du moins, pas le genre auquel nous sommes habitués. Et puis beaucoup croient que vous êtes l’Élue du Créateur, moi-même je pense qu'il vous a envoyée nous aider, donc je peux difficilement réfuter cette histoire de destin.

_ C'est tout ? Vous n'y réfléchissez pas plus que ça ? S'étonna la sorcière, sa vie était loin d'être ordinaire.

_ Ce que vous avez accomplis a bien plus d'importance que d'obscures légendes, qui plus est, vous avez fait tout ce que l'on attendait de vous, au-delà de toutes nos espérances. Grâce à vous, l'Inquisition à des alliés sur qui compter, il ne lui manque plus que de nouveaux objectifs.

_ Parce que vous pensiez que j'allais partir, déduisit Alyssa riant, selon les termes de notre accord, nous n'en sommes qu'à la moitié du chemin, tant que nous n'aurons pas mis la main sur les responsables, ces derniers pourraient très bien rouvrir la Brèche ou en créer une autre. L’Inquisition a toujours besoin de la marque. Et puis j'ai également précisé que je partirais lorsque j'estimerais que mon aide n'est plus nécessaire. Je pourrais disparaître au moment que vous jugeriez le moins opportun, comme je pourrais rester ici des années malgré votre ardent désir de me voir déguerpir, déclara-t-elle en affichant un sourire malicieux.

_ Rassurez-vous, vous êtes encore loin derrière Varric, la charia Cassandra.

_ Mauvaise langue, vous l'aimez bien en fait, avouez-le...

_ L'admettre lui- »

La Chercheuse n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la cloche d'alerte se mit à retentir, très vite suivie par des torches qui envahissaient au loin le paysage des Dorsales de givres. À peine chassées, la peur et l'incompréhension revinrent à Darse. Les deux femmes entendirent Cullen ordonner aux soldats de se rassembler à la porte du village. Cassandra tourna la tête vers Alyssa, cette dernière avait gardé son bâton en main, il leur suffit d'un regard pour se mttre d'accord et courir en tandem vers le lieu du rassemblement. Allant à contre-courant d'une foule terrorisée, qui était en liesse il y a quelques secondes à peine, elles retrouvèrent les conseillers et leurs compagnons, tous avaient immédiatement réagis au son de la cloche, et tous se demandaient qui pouvaient venir gâcher leur victoire durement acquise. Le commandant ne savaient pas quoi en penser, l'armée qui approchait ne leur avait fait parvenir aucune demande, les attaquants par surprise sans arborer la moindre bannière.

« _ Je peux pas entrer si vous m'ouvrez pas, gémit une voix d'adolescent.

_ Cole, lâcha Asala, surprise, qui s'empressa d'ouvrir la lourde porte de bois sans l'aval de ses compagnons. »

Les membres de l'Inquisition se retrouvèrent face à un imposant homme en armure, le visage  dissimulé derrière un casque intégrale en acier, à l'exception d'une visière parsemée de petits trous. Levant de façon menaçante sa hache de guerre, il s'écroula, une dague dans le dos, dévoilant un jeune homme aux cheveux couleur paille, recouvert d'un large chapeau et portant une veste rapiécée. Le jeune garçon retira nonchalamment son arme du dos de sa victime avant de rejoindre Alyssa qui s'avançait prudemment vers lui.

« _ Je m'appelle Cole. Je viens vous alerter. Vous aider.

_ Cole, l'appela Asala, que se passe-t-il ici ? Où étiez-vous passé ?

_ J'ai suivi les templiers rouges, je voulais les aider à être bien en dedans. Mais ils se sont mélangés aux mages de l'Ancien, et il les a envoyés pour la tuer, il pointa Alyssa du doigt.

_ Kevesh, jura l'intéressée.

_ Je n'aurais pas dit mieux, rajouta Dorian.

_ On aurait dû s'en douter, pesta Cullen, nous savions que les templiers et les Venatoris étaient au service de l'Ancien.

_ Il est ici, ajouta Cole, là-bas, il pointa du doigt un promontoire rocheux qui surplombait l'armée.

_ Je connais cette homme, commenta Cullen, mais les deux autres... »

La Messagère et ses compagnons regardèrent dans la direction indiquée par l'esprit. Il y avait effectivement trois silhouette. L'une était massive et difforme, la seconde, sur la gauche, était celle d'un homme en armure, sûrement celui qu'avait reconnu le commandant. La troisième était en retrait, il s'agissait d'une femme arborant une robe aux teintes sombres et qui tenait un bâton de mages dans sa main gauche.

« _ Il est furieux que vous lui ayez pris son armée, expliqua Cole.

_ Cullen ! Il nous faut un plan ! N'importe quoi !

_ Darse n'est pas une forteresse. Si nous voulons tenir tête à ce monstre, nous devons contrôler l'affrontement.

_ Cassandra, Dorian et Varric, aidez-moi à les repousser, demanda Alyssa avant de se retourner vers ses autres compagnons.

_ Venez Cole, demanda Asala, aidez-moi à escorter les civils à la Chantrie.

_ Peur, froid, gorge serrée, estomac noué... dit le jeune homme en suivant la Vashoff.

_ Solas, rassemblez les Apprentis, que ceux qui sont inapte au combat se rendent également à la Chantrie, que les autres assistent nos hommes avec des sorts de soins et de soutiens !

_ Je reviens dès que possible, répondit l'apostat en courant dans le village, heureux que la Messagère cherche à épargner les plus jeunes.

_ Vivienne, prenez la tête des Enchanteurs et Enchanteurs de rang, vous devez à tout prix diminuer leur nombre autant que possible avant qu'ils n'engagent la mêlée, ensuite harcelez leurs mages et leurs archers !

_ Tout de suite, trésor, j'aurais tôt fait de leur faire regretter le Cercle, répondit l'orlésienne avant de s'exécuter.

_ Bull, lorsque les combats commencerons, vous et vos hommes devrez rompre les formations ennemis et les empêcher de se réorganiser !

_ Pas de problèmes Chef ! Mes gars et moi on a l'habitude des tévintards, et j'ai un compte à régler avec les templiers rouges, dit le colosse en affichant un sourire carnassier.

_ Sera, Blackwall, aidez Asala à protéger les civils.

_ Je ne laisserais aucun de ces salopards faire plus de victimes, déclara Blackwall sur un ton chevaleresque.

_ J'suis pas d'accord, pourquoi y a que vous qui devriez faire mu-muse avec les Vena-machins ?

_ Parce qu'on ne pourra pas tous les repousser et que je compte sur vous pour tuer ceux qui franchirons nos défenses.

_ D'accord Messagère, mais j'me réserve le droit de fouiller vos victimes, ma bourse n'est pas aussi rebondit que je l'espérais, concéda l'archère dans un large sourire, avant de suivre le Garde des ombres vers la Chantrie.

_ Quel sens du commandement, Joyaux, commenta Varric. Et aurons-nous droit à un vibrant discours ?

_ Pour notre victoire, si vous êtes sage, répondit machinalement Alyssa.

_ Nous devons donner du temps aux réfugiés, affirma Cassandra.

_ Il serait peut-être préférable de se concentrer sur la grosse armée qui dévale les montagnes, renchérit Dorian qui pointait du doigt l'armée de torches qui avait doublée de volume pendant qu'ils s'organisaient.

_ Na via lerno victoria, répondit simplement la sorcière.

_ "Seuls les vivants connaissent la victoire", traduisit le Tévintide, en murmurant à ses deux autres compagnons, ce qui fit sourire Varric. »


Le groupe se dirigea vers l'une des catapulte de l'Inquisition, un groupe de templiers rouges dirigés par un sorcelien Venatori luttait contre une poignée de soldats. Cherchant manifestement à saboter l'engin de siège, le sorcelien préparait un sort de feu avant de recevoir un carreau d'arbalète en plein cœur, deux autres traits furent tiré sur un templier, qui n'était plus qu'un amas difforme de chair grisâtre et de lyrium rouge, qui avait pris pour cible le contremaître. Lorsque la créature se retourna pour identifier son attaquant, il se prit un violent coup de bouclier en pleine tête. Tandis que Cassandra et Varric harcelait les ennemis, Dorian protégeait, à l'aide de barrières d'énergies, les soldats et ouvriers assignés à la catapulte mais, voyant un autre groupe, plus important que le premier, venir vers eux, il chercha du regard la Messagère. La jeune femme était restée en arrière, une douzaine de lames d'acier, toutes pourvues d'un pommeau orné de deux paire d'ailes et d'une lame ornée de runes, flottaient au dessus d'elle. Fixant le groupe ennemi avec un regard empli de colère, elle leva lentement son bras gauche dans leur direction et, en les pointant du doigt, propulsa les épées sur eux, son pouvoir reflétant la rage lisible dans ses iris améthyste et irradiant d'une lumière surnaturelle. Dorian n'eut pas le temps de suivre l'attaque, en une seconde, les ennemis du second groupe avaient reculés de plusieurs mètres et étaient tous empalés sur le sol ou sur des rochers, morts. Lorsque que la zone autour de la catapulte fut sécurisée, une salve de trait de feu et de foudre fusa des remparts de Darse pour s'écraser sur l'immense armée en un mur d'explosions, dans un même temps, le contremaître et ses subordonnés avaient finis de préparer la catapulte et s'en servirent pour provoquer une avalanche qui engloutie une partie de l'armée ennemie.

« _ Jolie tour, commenta Dorian, comment avez-vous fait ça ? »

Alyssa ouvrit sa main gauche et une lumière iridescente apparue, pris la forme d'une épée puis la lumière se changea en métal, le tout en une unique seconde.

« _ Je suis une sorcière, répondit-elle simplement, en faisant un rapide moulinet avec l'épée avant de la donner à un soldat, qui avait brisée la sienne pendant le combat, elle devrait passer au travers du corps de lyrium des templiers mais elle ne vous protégera pas de la corruption, alors pas d'imprudence soldat.

_ Oui Messagère, le soldat, une orlésienne d'après son accent, contempla quelques instants l'arme digne des plus grands orfèvres avant de prendre position avec ses frères d'armes pour protéger la catapulte.

_ Personnellement je n'ai jamais rencontré de forgeron qui jouait aux fléchettes avec ses épées, commenta Varric pour détendre l'atmosphère.

_ Je suis une sorcière en colère, très en colère.

_ Nos hommes pourront s'occuper seuls de cette position mais la catapulte de la colline ne tire pas, nous devons allez voir ce qui se passe, expliqua Cassandra, au même moment une seconde salve magique dévasta les rangs adverses.

_ Un point pour Vivi, cria Sera de l'autre côté des remparts.

_ C'est Ma-dame-de-fer, corrigea cette dernière qui, avec l'aide de quelques Enchanteurs, était descendue de son poste pour placer des mines magiques le long des remparts, par précaution.

_ On ne tiendra pas éternellement Cassandra, renchérit Alyssa, il nous faut une solution de replis.

_ Laissez Cullen et Léliana s'en charger, notre rôle est de leur donner du temps, insista la Chercheuse. »

Ils se précipitèrent vers la seconde catapulte où seul un soldat avait survécu. Réitérant leur précédente stratégie, Cassandra chargea les ennemis, protégée par les barrières de Dorian et assistée par un déluge de carreaux et de lames. Lorsque leur nombre fut réduit de moitié, Alyssa se rua vers la manivelle servant à tendre la corde de l'engin de siège. Tirant de toutes ses forces, elle s'efforça d'ignorer ses oreilles qui bourdonnaient à cause des chocs métalliques et des explosions répétées. Enfin, la catapulte envoya violemment son projectile contre un autre pan des Dorsales, provoquant une seconde avalanche qui s'abattit sur l'armée qui, malgré tout, s'approchait inexorablement sur Darse. Mais cette victoire mettait du baume au cœur des membres de l'Inquisition, Varric n'hésita pas à faire une accolade à Alyssa, hélas, leur sourires disparurent bien vite en entendant un assourdissant rugissement bestial. Alors qu'ils reprenaient espoir, un immense dragon apparu dans le ciel, occultant la lune de ses ailes avant de déverser sur eux une mer de flammes pourpres. Alyssa brandit instinctivement son bâton, érigeant un immense dôme protecteur, qui remplit sa fonction, mais le choc fut si violent qu'il vola en éclat, et le cristal du bâton usé explosa, propulsant Alyssa au sol. Tandis que l'ombre ailée continuait son chemin, Dorian aida la jeune femme à se relever. Abasourdie, cette dernière peinait a tenir debout.

« _ Du calme, du calme, lui dit Dorian, je vous tiens.

_ Bordel, mais qui a commandé un fin du monde, hurla le nain, dont l'optimisme naturel atteignait ses limites.

_ Nous ne pourrons pas gagner, cria Alyssa pour couvrir le vacarme du champ de bataille, nous devons évacuer Darse. »

Cassandra n’eut rien à redire, ils se précipitèrent vers le porte de Darse, aidant les derniers soldats à se mettre à l'abri avant de fermer la ville. Alors qu'un groupe de templier les pris par surprise avant qu'il n'ait le temps de refermer la lourde porte de bois, Dïrth surgit et, déployant ses imposantes ailes face à l'ennemi, produisit une aveuglante lumière vert-azur qui hébéta les monstres rouges, avant de rejoindre sa maîtresse derrière les remparts. Après avoir aidé Lysette, qui était au prise avec un groupe de Vénatori, le groupe s'arrêta au niveau de la taverne. Flissa, la tenancière, était piégée sous des poutres tandis que les flammes dévoraient ce qui restait du bâtiment, ainsi que la plupart des bâtiments de Darse. L'ennemi attaquait par vagues successives, ils ne pouvaient aider les personnes piégées sous les décombres et se battre en même. Tandis que ses compagnons chargèrent un nouveau groupe d'ennemis en hurlant leur rage, Alyssa jeta un œil à son bâton, son pouvoir avait presque complètement disparu mais il restait quelques éclats cristallins, elle repensa alors aux épées qu'elle avait créée par sa seule volonté. Elle regarda les flammes, écouta les sanglots à travers les hurlements et les chocs métalliques. Prenant un profonde inspiration, elle fit le vide dans son esprit et s'imprégna du froid des Dorsales, créant un vent hurlant et glacial en elle. Resserrant sa main sur le morceau de bois gravé, ce dernier se recouvrit petit à petit d'étoiles de givres. Marchant d'un pas décidé entre les combattants des deux camps, alors que ses compagnons lui hurlaient de se mettre en retrait, elle planta violemment son bâton dans le sol, libérant un onde d'énergie glaciale qui déferla sur tout Darse, changeant les ennemis en statues translucide et transformant toutes les sources de feu à l'air libre en glace. Les brasiers qui léchaient les charpentes devinrent des piliers de vrilles crochues, offrant un soutiens temporaire aux pauvres hères prisonniers des bâtiments en ruines. Après avoir réalisé ce qu'avait fait la jeune femme, Cassandra se précipita vers elle pour l'aider à se relever, cette dernière avait peinée à retirer ses mains de ce qui restait de son bâton. Elle voulu la soutenir mais elle se dégagement vivement.

« _ Je vais bien, occupez-vous plutôt de ceux qui sont sous les décombres, la glace ne tiendra pas longtemps, Alyssa vit du coin de l’œil Flissa sortir en courant de la taverne, suivit par Dorian qui avait dû l'aider à se dégager avant de la soigner.

_ Vous n'allez pas bien, regarder vous ! Vous tremblez, vous êtes frigorifiée, Cassandra remarqua que ses mains étaient gercées, et que plusieurs petits bouts de peau étaient restés collés sur le manche glacé.

_ Ces gens ont besoin d'aide ! Je connais mon rôle Chercheuse, avez-vous oublié le vôtre ? »

Alyssa foudroyait Cassandra du regard, comment pouvait-elle se préoccuper d'une seule personne alors que la vie de tant d'autres ne tenait qu'à un fil. À force d'insistance, la Chercheuse se détourna d'elle, non sans montrer sa désapprobation. La sorcière se retourna et, s'appuyant sur la petite muraille de pierre, s'efforça de rejoindre la Chantrie. Contemplant les statues de glace, elle ne pue s'empêcher de penser : « Quand on veut tuer, il faut se préparer à se faire tuer. ». Alors qu'elle s’apprêtait à rentrer dans la Chantrie, le Chancelier Rodérick en sortit pour faire signe aux retardataires de rentrer, il appuyait sa main droite contre son abdomen tandis qu'il utilisait son bras gauche pour s'appuyer sur Cole.

« _ Avancez ! Allez ! La Chantrie est votre refuge !

_ Chancelier ! S'exclama Alyssa, essouflée, déjà fatigué ?

_ Je vous retourne le compliment, Messagère, ses mots se voulaient acerbe, comme à l'accoutumé, mais l'Ecclésiastique ne se préoccupait plus que du sort des réfugiés.

_ Il a essayé d'arrêter un templier. La lame a pénétrée profondément. Il va mourir.

_ Quel charmant garçon.

_ Chancelier, je suis désolé, ajouta la sorcière, qui regretta alors ses paroles, elle s'affaissa contre le mur, sur la gauche de l'entrée.

_ Pas autant que moi, j'aurais voulu être plus utile, confessa-t-il avant que Cole ne l'assoie sur une chaise.

_ Messagère ! S'écria Cullen, qui venait de surgir de derrière un pilier, en la voyant assise à même le sol, contre un mur.

_ Je vais bien, je dois juste reprendre mon souffle, déclara-t-elle en détournant le regard.

_ Mais, vos mains-

_ Sont rattachées au reste de mon corps et sont parfaitement fonctionnelles, répondit-elle agacée, quelle est la situation ?

_ Nous sommes en mauvaise posture, ce dragon nous a fait perdre le temps que vous nous aviez fait gagner.

_ J'ai vu un Archidémon. J'étais dans l'Immatériel mais il ressemblait à ça, dit Cole.

_ Peu importe à quoi il ressemble. Il a ouvert la voie à cette armée : elle va rayer Darse de la carte.

_ L'Ancien se moque du village. Il ne veut que la Messagère.

_ Je ne sacrifierais pas Darse, affirma la jeune femme.

_ Non. C'est vous qu'il veut, mais il tuera les autres quand même. Je ne l'aime pas.

_ Vous ne l'aimez pas ? Répéta le commandant, incrédule. »

Au même moment, Dorian entra dans la Chantrie, aidant Minaeve à marcher, suivit de Varric et de Cassandra. Cette dernière fusilla Alyssa du regard, le comportement de cette dernière, un peu plus tôt, lui était resté en travers de la gorge.

« _ Si l'on survit, je vous tue, pesta la guerrière.

_ Ha ! Prenez un ticket !  Renchérit l'intéressée.

_ Messagère, repris Cullen, aucune stratégies ne pourra nous sauver. La seule chose qui les a ralentis, c'est l'avalanche. Et si nous tournions les trébuchets restant pour en provoquer une autre ?

_ Nous sommes dépassés. Nous ne pourrons pas frapper l'ennemi sans ensevelir Darse.

_ Quitte à mourir, autant décider comment. C'est un luxe que beaucoup n'ont pas.

_ Sans vouloir faire mon rabat-joie, Dorian s'incrusta dans la conversation, je n'ai rien contre un sacrifice héroïque qui fait pleurer les pucelles mais... en général, c'est le dernier recours, pas le premier.

_ Et quelle autre option avons-nous, rétorqua Cullen.

Rodérick tourna alors la tête vers la chapelle.

_ Oui, ça. Le chancelier Rodérick peut nous aider. Il veut le dire avant de mourir.

_ Il y a un chemin. Impossible de le connaître à moins d'avoir fait le pèlerinage estival, comme moi. Il se leva avec difficulté. Les gens peuvent s'échapper. Elle a dû me le montrer... Andrasté a dû me le montrer pour que je puisse... vous le dire.

_ J'espère pouvoir attirer l'attention du dragon, lâcha Alyssa, Dïrth, accompagne-les, le corbeau alla se poser sur la tête de Cole.

_ Bonjour. Je m'appelle Cole.

_ Messagère, vous ne comptez pas tout de même pas y aller seule ?! C'est du suicide.

_ Je suis assez d'accord avec le beau commandant, ajouta Dorian, vous êtes à bout de force, vous n'y arriverez pas seule.

_ Toute bonne sorcière qui se respecte se doit de tromper la mort au moins une fois, se justifia-t-elle, et le coup du temple ne compte pas, puisque quelqu'un m'a sauvée.

_ Messagère, je vous en conjure, n'y allez pas.

_ Tout ira bien, dit-elle dans un sourire. Elle lui faisait face, dans l'embrasure de la porte, baignant dans la lumière de la pleine lune qui illuminait ses marques. Elle fit un pas en arrière, avez-vous oublié ? Elle fit un second pas en arrière, je suis la Messagère d'Andrasté. Elle se retourna avant de disparaître dans la nuit. »

Aidé par le jeune garçon et escorté par l'esprit-corbeau, le Chancelier s'enfonça dans la chapelle pour guider les survivants, laissant Dorian seul avec le capitaine. Se dernier fixait la porte, les yeux dans le vague.

« _ Vous ne pouvez pas la ramener, lui dit Dorian, nous devons partir. Maintenant.

_ Elle va mourir, lâcha Cullen.

_ Et si nous restons ici, se sera en vain, lui expliqua-t-il. »

Dorian lui empoigna alors le bras pour l'entraîner vers la chapelle. Et Cullen priait, il priait en silence pour que sa faiblesse ne détruise pas son monde une nouvelle fois.


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MessageSujet: Re: L'héritière   L'héritière - Page 2 EmptyDim 3 Mai - 17:51

Chapitre 10 : Les ailes brisées




Un autre Venatori tomba, son bras et sa jambe gauche avaient été sectionnés par la danse des lames d'Alyssa, rejoignant l'un des nombreux tas de cadavres qui parsemaient ce qu'il restait du village. Elle était épuisée, ses mains étaient en sang, elle avait du se battre sans arme pour parer les coups, et ses yeux, qui brillaient d'une intense lumière depuis le début du siège, menaçaient de se fermer à tout instant. Chancelante, elle fit fasse à sa dernière adversaire. Elle l'avait reconnue, il s'agissait de l'une des rebelles qu'elle avait rencontrée à Golefalois, l'une de ceux qui avaient choisis les Venatoris. La sorcière se contenta de la fixée, dans un état semi-conscient. La catapulte avait presque atteint l'angle désiré, mais la mage ne la laisserai pas faire. Mais Alyssa ne voulait pas prendre une autre vie, son corps et son esprit avaient atteint leurs limites. Désespérée, elle tenta de raisonner son adversaire.

« _ Je vous en conjure Linnea, cessez cette folie, vos amis mourront également !

_ Je ne suis pas ami avec les couards qui ont trop peur de se battre pour leur liberté, cracha-t-elle. Mais mon maître saura se montrer magnanime envers ceux qui comprendront leur erreur, une fois qu'ils verront le cadavre de leur Messagère.

_ Vous croyiez pouvoir me battre, demanda la femme aux longs cheveux ébènes.

_ Vous êtes à bout, fanfaronna-t-elle, vous pouvez à peine tenir debout et votre main droite est occupée à presser l'entaille sur votre flanc gauche. Vous avez perdu.

_ C'est ce que croyaient ceux gisant à vos pieds, rétorqua Alyssa un affichant un léger sourire. Vous avez pris votre décision à Golefalois mais vous pouvez encore faire machine arrière. Je vous en prie! »

En guise de réponse, Linnea brandit son bâton, des flammes se rassemblèrent autour de lui et des mains de la mage. Elle ne reculerait pas. Alyssa, le comprenant, se contenta de fermer les yeux. Son adversaire pris pour un signe d'abdication. S'apprêtant à lancer son sort, elle senti soudain une brève pression dans son dos, et étrangement, l'énergie magique qu'elle avait rassemblée se dissipa. Ne comprenant pas ce qu'il se passait, elle baissa lentement la tête et écarquilla les yeux. Quatre pointes d'épée ressortaient de son abdomen, sa tunique vert-émeraude souillée par une teinte rouge sombre. Relevant la tête vers la sorcière, elle ouvrit la bouche. Elle voulait crier, hurler, mais tout ce qui en sorti ne fût qu'un mince filet de sang qui coula sur son menton. Alyssa rouvrit ses yeux et la regarda, non pas avec haine ou mépris, mais avec une profonde tristesse. « Vous avez choisie. » lâcha-t-elle alors que la mage s'effondra sur le sol, son sang empreignant la neige, dessinant une fleur écarlate. Tournant le dos au corps sans vie de sa victime, Alyssa monta sur la plate-forme et tira de toutes ses forces sur la manivelle. Ces quelques secondes lui semblèrent être une éternité mais elle parvint à orienter le catapulte vers l'immense montagne, au pied de laquelle se trouvait Darse. Il ne lui restait plus qu'à attendre le signal. Voyant qu'il n'y avait plus d'ennemis, et que le silence était désormais maître en cette nuit, la jeune femme songea à s’asseoir quelques instants. Linnea avait raison, elle était à bout et devait se ménager autant que possible pour avoir une chance de fuir l'avalanche, car elle ne comptait pas mourir sans se battre. Mais à peine eût-elle esquissé un geste qu'un rugissement bestial retentit. Comprenant le danger, elle ressembla ses maigres forces pour sprinter, évitant l'explosion des bombes alchimiques, qui étaient stockées près de la catapulte et qui avaient été touchée par le souffle du dragon, mais ne pue se protéger de l'onde de choc et fût propulsé plusieurs mètres en avant. Abasourdit, et se relevant à grand peine, elle se retrouva face à un homme difforme, faisant sûrement dans les deux mètres. Il portait les restes de ce qui avait dû être une robe d'apparat, surplombé par un torse qui n'était rien d'autre que des lambeaux de chair tendus sur du lyrium, ce même lyrium couvrait son crâne d'éclat, à moitié dissimulés par une capuche usée. Quelques secondes après, le dragon atterrit derrière elle en rugissant mais n'esquissa pas le moindre geste agressif, se contentant de fixer l'homme. Ce dernier semblait être son maître, et elle était prise au piège entre lui et son animal de compagnie.

« _ Vous jouez avec des forces qui dépassent votre entendement. Ça a assez duré.

_ Qui êtes-vous ? Pourquoi faites-vous ça ?

_ Les mortels aspirent à une vérité qui les dépassent, elle va bien au-delà de ce que vous êtes, de ce que j'étais. Apprenez à me connaître, à connaître ce que vous faîtes semblant d'être. Louez l'Ancien, Corypheus, l'incarnation même de la volonté.

_ Et c'est pour arrêter un énième égocentrique mégalomane que je suis né, demanda-t-elle en pouffant, vous savez à quel point votre objectif est d'un... commun ?

_ Libre à vous de me railler pour oublier votre mort imminente, rétorqua-t-il sans émotions, je suis ici pour l'Ancre. Il leva son bras gauche, un orbe couvert de stries dans sa main. Que l'extraction commence... »

L'orbe généra une aura rougeâtre. La marque d'Alyssa  s'activa soudainement, générant une intense douleur qui se répandit dans tout son corps. Hurlant et pleurant, elle tenta, tant bien que mal, d'entendre les paroles de l'ancien.

« _ C'est votre faute, "Messagère". Vous avez interrompu un rituel prévu depuis des lustres, et au lieu de mourir, vous l'avez détourné de son but. Il intensifia son emprise sur la marque, les hurlements de la jeune femme redoublant d'intensité. J'ignore comment vous avez survécu, mais cette marque que vous "portez", que vous utilisez contre les failles, je l'ai créée pour attaquer les cieux. Avec son pouvoir écrasant, il fit ployer la sorcière sous la douleur. Et vous avez utilisé l'Ancre pour saboter mon travail ! Petite effrontée !

_ La Divine est morte pour ça ? Pour ce chaos ? Couina-t-elle.

_ Ce "chaos", comme vous dites, va renforcer mon pouvoir. Nous n'aurons plus jamais à implorer le néant. »

Cessant d'utiliser son pouvoir, il empoigna la Messagère par le bras gauche, cette dernière se retrouvant à une bonne cinquantaine de centimètres du sol.

« _ J'ai déjà percé l'Immatériel au nom de quelqu'un d'autre, pour servir les anciens dieux de l'Empire en personne. Je n'y ai trouvé que le chaos et la corruption, des murmures éteints. J'ai passé un millier d'années dans la confusion totale. C'est terminé. J'ai trouvé la volonté d'y retourner en mon propre nom, de défendre un Empire tévintide affaibli et de redresser ce monde vicié. Priez pour ma réussite, car j'ai vu le trône des dieux, et il est vide.

_ Si ce que vous dites est vrai, et que vous pensez pouvoir devenir un dieu, c'est que vous savez tout de ce monde ? Dans ce cas, répondit à ma question : Pourquoi mes yeux brillent-ils ? »

Laissant à peine le temps à son interlocuteur de lui lancer un regard interrogateur, elle appuya sa main libre, dont les marques irradiaient d'énergie, sur son visage. Hurlant de douleur, ce dernier, dans un accès de rage, la jeta contre la catapulte.

« _ AHHH !!!! Quel ce pouvoir ?! Qu'êtes-vous ?! Hurla-t-il en lui lançant un regard mêlant haine et dégoût.

_ La preuve de votre ignorance, répondit-elle en se redressant contre l'engin de siège, après avoir ramassé une épée sur le sol.

_ L'Ancre est inaltérable, permanente. Vous l'avez ruinée ! Ainsi soit-il. Je recommencerai à zéro, je trouverai un autre moyen de donner à ce monde la nation et le dieu qu'il demande. »

Percevant un léger bruit au loin, Alyssa aperçut une fusée éclairante dans le ciel, par-delà les montagnes. Cullen et les autres avaient réussit. Et par chance, l'adrénaline lui avait rendu un peu de force, il ne restait qu'à espérer que cela suffirait pour la course qui allait suivre.

« _ Quant à vous. Je ne saurais tolérer une quelconque rivale, aussi ignorante soit-elle. Vous devez mourir.

_ Il semblerait que votre nouvel apparence n'ait pas tempéré votre orgueil. Comme il vous plaira, mais ne venez pas vous plaindre lorsque vous tomberez du haut de votre tour. »

Aussitôt sa phrase terminée, elle donna un violent coup de pied sur le système de poulie de la catapulte, envoyant un énorme rocher en l'air. Tandis que Corypheus suivait du regard le projectile, qui s'écrasa sur un pan de la montagne et déclenchant une avalanche, Alyssa courue vers la mine désaffectée. Suivit de près par la marée de neige, elle tomba et disparue dans le sombre abysse.

***

Le vent s'était levé dans les Dorsales, bien que la tête-de-pont était protégée pour l'aura de feu voilé de Dïrth, le reste de la cohorte avaient formée une longue ligne, trop voyante au goût de certains, pour se protéger du blizzard. L'éclaireuse Harding avait signalée des flashs lumineux en provenance du village mais ils avaient cessés il y a une demi-heure, cela minait les compagnons de l'Inquisitrice, avait-elle réussie à vaincre les derniers ennemis présent à Darse ? Ou avait-elle, comme ils le redoutaient, été vaincue et était désormais à la merci de ces derniers ? Bien que la plupart des rescapés étaient trop focalisés sur leur survie ou sur ceux qu'ils avaient perdus, Blackwall ne pu se contenir plus longtemps.

« _ Nous n'aurions pas dû la laisser y aller, vociféra-t-il, pourquoi ne l'avez-vous pas retenu, lança-t-il au commandant.

_ C'est moi qui l'ai persuadé de partir, intervint Dorian, lui courir après n'aurait fait que la gêner.

_ Si vous l'aviez fait, ajouta Asala, qui avait réduit la cadence de ses pas pour se rapprocher du groupe, elle vous aurait propulsée à travers la Chantrie avant de continuer sa route. Quand elle décide de quelque chose, elle n'en démord pas.

_ Et ça vous convient?! Je croyait que vous étiez son amie !

_ C'est justement parce que je suis son amie que je lui fait confiance, répondit-elle agacée. Si s'était vous qui y était allé, vous apprécieriez que l'on s'arrête pour se lamenter sur votre sort ?

_ Ma vie n'a pas autant d'importance que- »

Le Garde n'eût pas le temps de finir sa phrase que la Vashoff lui asséna un puissant coup de poing au visage, envoyant l'homme s'enfoncer dans la neige. Surpris, il adressa à la guerrière un regard stupéfait.

« _ Il est dans votre intérêt qu'elle n'apprenne jamais que vous avez débité de telles inepties, déclara-t-elle d'un ton froid. »

Interrompant leur dispute, un bruit sourd retentit au loin derrière eux. Tout les yeux se tournèrent pour voir une immense marée blanche dévaler la plus haute montagne en direction de Darse.

« _ On dirait qu'elle a réussit, commenta la Vashoff avant de reporté son attention sur le Garde, l'empoignant par le col, ce dernier sentant à peine le sol sous la pointe de ses pieds, libre à vous de l'enterrer mais la plupart d'entre nous s'efforcent de garder espoir. J'apprécierais que vous n'écrasiez pas cet espoir avec votre pessimisme. Elle le lâcha avant de retourner à l'avant de la file, se retournant vers lui une dernière fois : Vous aviez dit que vous aviez foi en elle, c'est maintenant que vous devez montrer que ce n'était pas que des mots. »

Pressant le pas, surveillant le feu voilé qui se trouvait au loin devant elle, elle essuya d'un geste rapide une larme qui perlait sur sa joue droite. Iron Bull, qui l'avait suivit de près, posa sa main gauche sur l'épaule de la guerrière. Cette dernière voulue se dégager mais elle n'en avait pas le courage, elle aussi était démoralisée par la chute de Darse, et elle s'inquiétait pour son amie.

« _ Vous avez le droit de pleurez vous aussi, la rassura le colosse, personne vous le reprochera.

_ Non, je n'en ai pas le droit, lui répondit-elle en lui désignant l'oiseau d'un regard, Dïrth ne peut se manifester qu'à l'aide du pouvoir d'Alyssa, tant qu'il est là je sais qu'elle est en vie. »

Cette nouvelle fit sourire le Ben-hassrath, mais cela ne dura pas longtemps. Asala vit la source de lumière vert-azur décliner rapidement. Puis elle entendit Léliana crier son nom, affolée. Se dégageant de l'étreinte de Bull, elle se précipita, suivit par ce dernier, à l'extrémité avant de la cohorte. La maître-espionne, ainsi que Joséphine et Mère Giselle, regardaient une petite masse noire au sol. Asala vit les dernières flammèches de feu voilé s'éteindre. L'oiseau regarda la guerrière spirituelle puis il orienta son regard vers la colline qu'ils s'apprêtaient à franchir, avant de disparaître dans un petit tourbillon de traits lumineux. Sera, était en retrait mais avait vue toute la scène et comprenait, à peu près, l'importance qu'avait l'oiseau pour la Messagère.

« _ Pourquoi il est partit, s'affola-t-elle, il peut pas partir comme ça ! C'est pas comme si la Messagère d'Andrasté pouvait mourir ?!

_ Asala, demanda le colosse, est-ce qu'elle est ?

_ Non, elle n'a plus assez de pouvoir pour lui en prêter, mais elle a fixée cette limite au-dessus du "minimum vital", comme elle dit.

_ Peut-être a-t-elle récupéré cette partie de son pouvoir pour recouvrer un peu de force, temporisa la prêtresse.

_ C'est pas faux, l'armée des Venatoris s'est pris toute une montagne sur la face, et il nous a aidé à faire un bon bout de chemin, il peut aller se reposer, ajouta le colosse. »

Cette idée rassura quelque peu les compagnons mais Léliana croisa le regard d'Asala, celle-ci n'en croyait rien. Bien qu'elle n'était pas du genre suicidaire, Alyssa avait le fâcheuse tendance à faire passer les autres avant elle, quelque soit son état. Dïrth avait disparu parce qu'elle était trop affaiblie. Cette pensée entama sérieusement le moral de la guerrière. Mais une autre pensée vint l'intriguer : Pourquoi, avant de disparaître, avait-il regardé droit devant lui ? Comme pour répondre à cet interrogation mentale, l'éclaireuse Harding, qui revenait justement d'une mission de reconnaissance, accourue vers les conseillers et compagnons de la Messagère, qui s'était rassemblés en voyant le feu voilé disparaître.

« _ Commandant, sœur Rossignol, il y a un campement droit devant !

_ Quoi ? Qu'avez-vous vu, lui demanda la rouquine.

_ Quelques feux de camp et des sortes de tentes sur pilotis.

_ Des ennemis, demanda Cullen.

_ Je doute que les Venatoris nous fassent coucou en agitant leurs bras, répondit la naine d'un ton sarcastique. »

***

Alyssa


Je n'arrive pas à y croire, après m'être pris plusieurs poutres durant une chute de plusieurs dizaines de mètres, je me suis écrasé sur le sol gelé d'une caverne et pourtant je suis là, à l'air libre, à braver des bourrasques qui m'envoient sans cesse de la neige dans les yeux. Je ne sais pas si c'est de la chance ou le destin qui s'acharne sur moi, ce qui serait tout à fait possible. Qu'est-ce que ce chariot fait là, et pourquoi il est à moitié brûlé ? Ah si, c'est sûrement les autres qui ont fait un feu pour se protéger du froid. Et forcément j'arrive quand les cendres sont froides. Si vous existez, ô Créateur, pourriez-vous aider votre "championne" ? Je sais que les dieux n'interviennent jamais directement mais quand même, j'ai aidé autant de personnes que je le pouvais, tout en empêchant la Chantrie de partir en vrille, pour l'instant, vous pourriez faire une petite exception, non ? Tiens, des arbres, je vais pouvoir marcher quelques instants à l'abri du vent. Ah, qu'est-ce que j'ai mal ! Non, ne pense pas à la douleur. Il fait si froid ! Non, ne pense pas au froid non plus. Et surtout, ne te met pas à parler tout seule pour oublier que tu es seule, perdue, au milieu de nulle part, dans le froid... AHHH !!! N'y pense pas, bon sang. Mince, plus d'arbres, je recommence à marcher contre le vent, formidable. Et il est où mon miracle ? Non parce que si s'était les arbres, je veux pas faire mon ingrate mais c'est franchement radin ! Une grotte avec un reste de feu de camp a rallumé aurait été plus utile ! Et mais, c'est une lumière que je vois là-bas ? Mais oui ! Il me semble même que c'est un feu, là j'approuve. Merci, je ferais des dons à la Chantrie, promis. Allez, on se dépêche avant qu'il ne s'éteigne. Allez. Allez. Un peu plus vite, se serait bien. Bon sang, j'ai l'impression de porter des bottes en plomb ! Bon, pense à autre chose, ne te préoccupe pas de la marche qu'il te reste à faire, Cassandra ? Non, vu le coup que je lui est fait, elle me sermonnera jusqu'à pas d'heure. Sera ? Mauvais idée, elle est toujours énergique et je ne rêve que d'une chose, un bon lit douillet. Léliana ? Non, elle me reprocherait également mon entêtement, ainsi que Cullen, et Joséphine aussi, et tout les autres je crois... Pourquoi je tiens à les rejoindre déjà ? Bon, il y a toujours Dïrth. Quoique non, si je le retrouve, je le plume. Il croyait que je ne remarquerait pas qu'il avait sciemment rompu le lien ? Que je ne ressentirait pas ce soudain regain de force ? Je lui avais demandé de les guider, pourquoi il s'occupe encore de moi ?! Je n'ai pas besoin que l'on me materne. Je vois le feu ! Et mais, non, ne t'éteint pas. Et merde. Pourquoi il a fallu qu'il s'éteigne alors que j'arrivais ? Il me nargue, c'est pas possible ! Vishante kaffar !!! Me voilà en train d'insulter un feu de camp maintenant. Mais si le feu vient juste de s'éteindre, c'est que je les rattrape ! Vite, je dois garder le rythme. Ah mais non, ne tombe pas idiote. Mais relève-toi, allez ! Bon, pas de panique, allons-y par étape. Un, deux et trois ! Super, maintenant je peux admirer le ciel étoilé, quelle victoire... Je me demande combien on réussit à s'enfuir... J'espère en avoir fait assez... Maman, Papa, je suis désolé, il semble que ma vie aura été bien courte. Et Cassandra, et Cullen, j'espère qu'ils ne vont pas culpabiliser, les gens ont besoin d'eux et de l'Inquisition. Je ne vois qu'eux pour arrêter Corypheus, si seulement je pouvait leur transmettre au moins son nom. S'il s'agit vraiment de l'un des hauts-prêtres de la légende, Dorian devrait pouvoir trouver des informations sur lui dans les vieux livres de Tévinter. Et son orbe, de quoi s'agissait-il ? D'après son apparence... Non, ils avaient assez de pouvoir sans avoir besoin de ça. Il fait si froid, mon corps est courbaturé et mes plaies me brûlent. Andrasté, j'ai échoué. J'ai crûs entendre mon nom. Cette voix, non, ce n'est pas possible. Après ce que je lui ai dit, pourquoi je pense à lui maintenant ? Je croule suffisamment sous le poids des regrets, pas ça... J’entends encore mon nom. Cette voix, c'est la sienne mais, il ne peut pas être ici. Je crois qu'on me soulève mais je n'ai pas la force d'ouvrir les yeux. Ah, le sommeil, plus de froid, plus de douleur...

***


La peur au ventre, le visage humide à cause des larmes, à travers son bandeau de lin elle percevait l'obscurité de la nuit. La chaleur des flammes agressait son corps. Au loin, une clameur, des cris de rages et des rires sadiques. L'odeur de la cendre envahissait ses narines. Ses bourreaux ôtèrent son bandeau. Les mains entravées dans le dos, des fers aux chevilles, elle était à genoux, entourée par ceux en qui elle avait crûe. Ils étaient sur un petit plateau légèrement boisé. Au loin, la cité était constellée de points rouge, les torches de ceux qui s'étaient massés sur le parvis du temple pour voir l'exécution. Une chose ressortait de ce tableau, un immense brasier qui était le centre de l'attention. Il était trop tard, elle était morte. Des nouveaux sanglots humidifiait son visage, mais cette fois-ci, la colère lui donna la force de parler.

« _ Pourquoi ? Elle vous faisait confiance, vous aviez décidés de la suivre !

_ C'est votre faute, répondit l'un des hommes encapuchonnés en lui crachant au visage, c'est vous qui devriez être en train de brûler.

_ Contrairement à vous, elle était capable d'aimer, lâcha-t-elle en le foudroyant du regard.

_ La ferme, garce, un autre la frappa à l'arrière du crâne avant de l'empoigner par les cheveux.

_ Sans vous, nous aurions étendu notre influence à travers tout Thédas, expliqua un troisième, mais vous lui avez mis en tête de cohabiter avec les mages.

_ Je ne l'ai jamais influencée, ma sœur a toujours agit en faisant ce qu'elle croyait juste. Ce qui vous gêne, c'est que vous n'ayez pas réussit à l'influencer, elle se prit un autre coup de poing sous la mâchoire. Mes flammes ont pansées vos plaies et purifiées vos corps de la souillure, comment pouvez-vous me haïr autant ?

_ Vous êtes puissante, une puissance qui ne peut-être contrôlée, autrement dit : une menace.

_ C'était votre femme, comment avez-vous pu les laisser faire, demanda-t-elle à un imposant homme en armure, qui regardait la ville d'un air absent.

_ Elle ne l'était plus depuis longtemps, répondit-il simplement, sans se retourner.

_ L'elfe sera le prochain, lui assura l'un des hommes.

_ Et que fait-on d'Harvard, demanda un autre, on ne l'a toujours pas retrouvé.

_ Peu importe, si nous commençons à nous soucier de la vermine, nous n'en finirons jamais.

_ Je vous maudis, lâcha la femme, même dans la mort, je brûlerais tous les traîtres de cette ville. »

Les hommes riaient à cette menace qu'ils estimaient creuse. La sorcière affichait un visage impassible, alors que l'un mit sous sa gorge deux dagues. Sans un son, il les fit glisser sur sa peau, et elle s'écroula sur le sol, baignant dans son sang. Quittant les yeux de la défunte, elle s'éleva au-dessus d'elle, et pu l'observer. Sa peau pâle, son visage tuméfié et ensanglanté, ses longs cheveux d'un roux flamboyant était maculés de boue et de sang. Tandis que ses bourreaux et le guerrier se dispersèrent, ils disparurent, suivis par le ciel, puis l'horizon, puis la terre. Elle se retrouva seule, au-dessus du corps reposant sur une flaque de sang, le reste n'étant qu'obscurité. Soudain, les yeux de la morte, semblable à des grenats, se tournèrent vers elle, et s'illuminèrent. Des courbes, semblables à des flammes, recouvrirent son corps jusqu'à encadrer son visage, elles avaient la couleur et l'éclat du métal en fusion. Elle ouvrit sa bouche de défunte et lui dit, d'un ton autoritaire : « Réveille-toi ! ». La lumière des yeux et des marques de la défunte se changèrent en flammes dévorantes, enveloppant la rêveuse, qui ferma les yeux.

***

Alyssa se redressa brusquement sur sa couche, le visage teinté d'horreur, se réveillant en inspirant profondément, comme si elle avait été privé d'air. S'empressant de palper sa gorge, elle ne semblait pas avoir conscience de ce qui l'entourait. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas endurée la mort d'une autre. Et pourquoi, parmi toutes les possibilités, il avait fallut que se soit celle-ci ? Après quelques minutes, elle remarqua qu'une main était posé sur chacune de ses épaules. Effrayée, s'attendant à ce qu'on l'égorge, elle tourna la tête vers sa gauche, et vit le visage de Mère Giselle.

« _ Dans calme mon enfant, vous êtes en sécurité, entourée d'amis, la rassura-t-elle.

_ Mère Giselle, où... où sommes-nous ?

_ Nous sommes toujours dans les Dorsales, nous avons franchit la frontière Féreldienne, lui répondit une voix d'homme. »

Elle se rappela alors que deux personnes la maintenait droite. Se retournant, elle vit un elfe âgé, arborant des courts cheveux blancs tirés en arrière par un chignon, un visage parcheminé et une robe dalatienne. Elle reconnut l'Archiviste Yrthëniel, du clan Ralafeïrin. Complètement désorientée, elle chercha à comprendre.

« _ Archiviste, s'étonna-t-elle, que faites-vous ici ? Suis-je toujours en train de rêver ?

_ Non da'len, je suis bien réel. J'ai guidé le Clan jusqu'ici pour aider l'Inquisition, je ne pensais que se serait en de telles circonstances.

_ Par chance, nous sommes tombés sur leurs Aravels avant qu'ils ne lèvent le camp. Ils ont partagés avec nous leurs stocks de fourrures et d'herbes médicinales.

_ Ils étaient de toutes façon destinés à l'Inquisition, rajouta l'Archiviste.

_ Comment suis-je arrivé ici ?

_ Quand il a appris que vous étiez portée disparu, Thalasin a sauté sur notre halh le plus rapide pour partir à votre recherche. Quand il est revenu, il vous serrait contre lui, votre état était critique mais nous avons pu vous soigner à tant.

_ Je vois, elle n'avait donc pas rêvée, j'ai connu mieux comme retrouvailles. »

Elle passa ses mains sur son visage, elle était sous une tente donnant sur l'extérieur. Dans le camp, prêtresses et dalatiens faisaient des allé-retours, distribuant des fourrures ou des bols fumant, un bien curieux spectacle à vrai dire. Elle s'attarda sur un elfe portant une armure dalatienne de véridium. Il était blond, sa peau légèrement hâlée, son visage était recouvert d'épaisses lignes, parallèles entre elles et de couleur blanc-gris, qui entourait son visage. L'épée à deux mains attachée dans son dos, dont la garde avait une forme de tête de loup, lui confirma son identité, Thalasin. Lors de leur dernière rencontre, elle avait été si froide, elle le regrettait mais ne voulait pas y penser, pas maintenant. Se rallongeant sur sa couche, elle ne pu empêcher ses larmes de couler. Elle était en vie.

***

Ils se disputaient, encore et toujours. La jeune femme se leva, elle ne pourrait pas se reposer avec autant de bruit. Les conseillers et Cassandra se trouvaient de l'autre côté du feu de camp. Cela faisait des heures qu'ils se disputaient, et tout ce qu'ils avaient réussit à faire, c'était troubler le sommeil des convalescents. Elle ne savait pas comment, mais elle devait les mettre d'accord entre eux. Alors qu'elle s'apprêta à quitter son lit, Mère Giselle la retint.

« _ Chut, vous avez besoin de repos, lui dit-elle.

_ Ça fait des heures que ça dure.

_ Ils ont ce luxe grâce à vous. L'ennemi n'a pas réussit à suivre, et dans le doute, on a tendance à chercher des responsables. Les luttes intestines sont peut-être aussi dangereuses que ce Corypheus.

_ Crier ne servira à rien, à part empêcher les gens de dormir.

_ Ils le savent, mais ils sont perturbés par ce que les survivants ont vu : notre protectrice s'est interposée... et est tombée. Et maintenant, elle est de retour. Plus l'ennemi sera loin de nous, plus vos actions paraîtrons miraculeuses, et vos difficultés, divines. C'est dur à accepter, n'est-ce pas ? Ce que "nous" avons été appelés à endurer, ce que "nous" allons certainement devoir accepter...

_ J'aimerais croire que je peux faire pencher la balance du bon côté, vraiment, que se soit le destin ou le désir du Créateur. Mais nos espoirs et nos sacrifices ont été soufflés comme un feu de paille, elle se leva et sortie de la tente, comment continuer à y croire alors que le doute est partout ? »


Voyant les conseillers chacun dans leur coin, abattus, Alyssa se demanda ce qu'elle pouvait faire, ce qu'elle devait faire. La voix de Mère Giselle retentit alors, en une chanson qu'elle n'avait pas entendu depuis son enfance. Léliana, touchée par cette mélopée, joignit sa voix à celle de la Révérende Mère. Bientôt, les voix se multiplièrent à travers le camp, soldats, pèlerins, réfugiés, tous chantaient à l'unisson, se rassemblant et s'agenouillant devant leur Messagère, dans un geste de prière. Alyssa ne savait pas comment réagir, son cœur vacillant fit monter des larmes jusqu'à ses yeux, qui coulèrent sur son visage. Mère Giselle finit par répondre à sa question : « Il est normal de douter. Sans le doute, la foi n'est rien. »
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MessageSujet: Re: L'héritière   L'héritière - Page 2 EmptyMer 6 Mai - 11:33

Chapitre 11 : Là où le ciel est gardé



Le son des masses contre la pierre rebondissait sur les murs en reconstruction de Fort Céleste. Les gens avaient repris courage, après avoir croisée leurs alliés dalatiens, l'Inquisition avait trouvée cette forteresse abandonnée, au milieu de la neige. Darse avait été détruite, et leur ennemi était finalement entré dans la lumière, transcendant leurs pires craintes. Corypheus, l'incarnation du "pêché", voulait réitérer ce qui avait provoqué les Enclins, dans le but de devenir lui-même un dieu. Qu'il réussissent ou pas, sa seule tentative avait saigné le monde à blanc et ce n'était que le début, à vrai dire le simple fait qu'il le veuille démontrait à Alyssa que son ennemi ne prêtait pas la moindre attention à son monde et à ses "fidèles". Encore une fois, des excuses et des prétextes mielleux étaient servit sur un plateau alors que le monde s’effondrait, et vu l'état du ciel, ce n'était même plus une image ! Mais il attendrait, il y avait plus urgent, s'occuper des blessés, enterrer et pleurer les disparus, il y avait tant à faire et elle se demandait quelle aide une sorcière pourrait apporter, en dehors des combats... Descendant des remparts par la tour située à droite de la grande porte, elle surprit Cassandra en train de discuter avec les conseillers. Elle n'entendait pas ce qu'ils disaient mais quand elle la vit, Cassandra lui fit signe d'approcher, les conseillers lui adressant un sourire avant de s'éclipser. Surprise par cet étrange comportement elle s'approcha, méfiante.

« _ Ils arrivent chaque jours de tout les campements de la région. Fort Céleste est devenu un lieu de pèlerinage. Cassandra incita la jeune femme à la suivre dans les escaliers qui menaient dans le Fort à proprement dit. Si ces gens-là on eu vent de la nouvelle, alors l'Ancien aussi doit être au courant. Nous avons assez de fortifications et d'effectifs pour riposter, mais la menace est mille fois plus importante que ce que nous avions prévu. Au moins, on sait ce qui vous a permis de tenir tête à Corypheus, ce qui l'a attiré jusqu'à vous, la Chercheuse s'arrêta au pied du second escalier.

_ Le fait que j'ai pu lui voler la marque, et le fait que "Môsieur le dieu" ne soit pas omniscient, m'a permit de le prendre par surprise avec ma sorcellerie, répondit la jeune femme.

_ Votre pouvoir a en effet sauvé de nombreuses vies mais ce n'est pas ce qui vous caractérise. Elle l'incita à reprendre leur ascension. Vos décisions nous ont aidés à réparer le ciel, votre détermination nous a sortis de Darse. Vous êtes l'ennemi de cette créature de par vos actes. Et on le sait. Tout le monde le sait. Arrivé au milieu de l'escalier, les deux femmes se retrouvèrent face à Léliana, qui tendait à Alyssa une lourde épée, dont la garde avait la forme d'une tête de dragon. L'Inquisition a besoin de quelqu'un à sa tête : quelqu'un qui la dirige depuis quelque temps déjà. »

Une foule se rassembla en contre-bas, des soldats, des réfugiés, des pèlerins, des prêtres, des mages, des templiers, des membres de la Loge, le Clan Ralafeïrin, Cullen et Joséphine était à l'avant, l'Archiviste Yrthëniel était juste derrière eux. Asala et Bull était une niveau de la grande porte avec le reste de la Charge du Taureau, Mère Giselle était avec quelques blessés autour d'un feu de camp. Elle ne les voyaient pas mais la sorcière se doutait que le reste de ses compagnons étaient là, quelque part. Et tous la regardait, elle comprit où Cassandra voulait en venir, et cela la terrifiait. Et ces craintes furent vite concrétisées, lorsque que la Chercheuse conclue par une unique mot.

« _ Vous.

_ C-Ce n'est pas ce que nous avions convenus ! Je devais assister l'Inquisition, pas la diriger ! Alyssa était confuse, elle triturait ses médaillons nerveusement, elle ne voulait de telles responsabilités. Je n'ai rien d'un chef !

_ C'est faux, qui d'autre que vous aurait pu mettre un terme à la rébellion des mages et des templiers ? Vous avez su redonner l'espoir aux peuples de Thédas, argumenta Cassandra.

_ Nous y avons tous contribué, se défendit la jeune femme, à parts égales. Et comment voulez-vous que je m'occupe de stratégies et de politiques, je n'y connais rien !

_ C'est tout l'intérêt d'avoir des conseillers, renchérit Léliana, par chance l'Inquisition en a déjà trois.

_ Mais je... Ses pensées s'agitaient et défilaient dans sa tête, elle devait trouver une parade. Pensez-vous vraiment que les gens voudront d'une sorcière à la tête de l'Inquistion ?! Elle avait volontairement parler fort pour que toute l'assemblée l'entende, perdu pour perdu...

_ Ils ont tous été témoins de vos pouvoirs à maintes reprises, reprit la Chercheuse, ils savent ce que vous êtes : une femme dont le destin est de rétablir l'ordre dans un monde en proie au chaos, et à laquelle le Créateur a confié un grand pouvoir pour l'aider à y parvenir.

_ Mais je... Elle s'apprêta à renchérir mais elle était à cours d'arguments, la Chercheuse avait utilisée les légendes contre elle, sans avoir à les modifier d'une quelconque façon. Résignée, elle soupira. J'ai le droit de refuser ?

_ Non, répondirent en chœur Cassandra et Léliana. »

Alyssa s'approcha de la maître-espionne et empoigna l'épée à deux mains. Elle était lourde, même pour une arme de cette taille. La tournant légèrement à la lumière, elle remarqua qu'elle était faite de métaux précieux, manifestement, c'était une arme de cérémonie, elle n'était pas conçue pour le combat. Elle se tourna vers la foule, on attendait manifestement qu'elle prennent la parole. Un discours ! Vu qu'elle venait de se donner en spectacle, autant dire ce qu'il lui passait par la tête.

« _ Je- Tout le monde ! Elle prie une profonde inspiration, pour se calmer, avant d'expirer. Ce n'est pas une histoire de message supérieur. Nous faisons face à un ennemi et nous devons nous unir contre lui. Nous ferons ce qui est juste. L'Inquisition se battra pour le bien commun.

_ On est prêt à vous suivre, déclara Cassandra en avançant vers la foule. Est-ce que nos hommes sont au courant ?!

_ Oui, répondit Joséphine en contre-bas. Et bientôt le monde entier.

_ Commandant, vous croyez qu'il vont nous suivre ?!

_ Inquisition, allez-vous nous suivre ? La foule répondit en hurlant et en levant le poing bien haut. Allez-vous vous battre ? Les clameurs se firent plus fortes. Allons-nous triompher ? Tout Fort Céleste se fit entendre. Votre chef ! Votre Messagère ! Votre Inquisitrice ! Clama Cullen. »

Ne voyant pas quoi faire d'autre, Alyssa brandit bien haut son épée décorative. Tous l'acclamèrent, y compris Joséphine qui, portée par l'émotion, avait oubliée quelques instant son rôle d'ambassadrice, avant que le naturel revienne au galop et qu'elle ne se sente embarrassée. Alyssa s’efforça de sourire mais elle appréhendait ce qui allait suivre, surtout ses nouvelles responsabilités.

***

Ouvrant la grande porte de l'imposant bâtiment, Alyssa et ses trois conseillers inspectèrent rapidement l'endroit. Sans compter le fait qu'il y a avait un énorme trou dans le toit, le hall était remplit de décombres, à tel point que la plupart des pièces était inaccessible. Et l'état du hall était représentatif de l'état général de Fort Céleste, remettre l'endroit en état allait demander une quantité faramineuse de ressources et de main d’œuvre, c'est du moins ce que pensait la nouvelle Inquisitrice mais l'on pouvait compter sur l'ambassadrice Montilyet pour gérer les finances.

« _ C'est donc là que tout commence, déclara Cullen.

_ Ça a déjà commencé, dans la cour, renchérit Léliana. Mais c'est maintenant que l'on change cette promesse en actions.

_ Mais que faire, s'interrogea Joséphine. Nous ne savons rien de ce Corypheus, hormis qu'il voulait votre marque.

_ Nous devons d'abord assurer la défense de ceux se trouvant à Fort Céleste, l'Inquisition n'aidera personne si elle est incapable de se défendre elle-même, affirma Alyssa.

_ Les travaux ont déjà commencés, répondit l'antivane, comme vous l'avez sans doute remarqué. J'ai également commencé à nouer des relations avec les artisans locaux, nos alliés nobles ne doivent pas penser que l'Inquisition est sur la pente descendante, nous devons maintenir les apparences. Ah, et le Marquis de Sérault vous envoie ses amitiés et nous présente ses sincères condoléances pour la destruction de Darse, il s'excuse de ne pouvoir nous fournir des hommes mais il a promit de nous faire d'importantes remises sur la production de sa verrerie, il vous fait cadeau de quelques échantillons.

_ Vous vous faites des amis partout, on dirait, ajouta Léliana.

_ J'ai beaucoup voyagé, renchérit Alyssa, je vous avais dit que je m'étais rendu à Sérault pour m'assurer que la Divine arrive saine et sauve à sa destination. J'en ai profiter pour faire un peu de ménage et le petit Médée m'était reconnaissant de l'avoir débarrassé de ces extrémistes.

_ Le petit Médée, pouffa Léliana.

_ Il a six ans de moins que moi, se défendit la jeune femme.

_ Navré d'interrompre votre biographie, Cullen ne s'intéressait guère aux nobles enfarinés, mais ne devrions pas nous préoccuper de l'Archidémon qui obéit à Corypheus ?

_ Ce n'est pas un Archidémon, une parodie tout au plus, assura la sorcière.

_ Vous en avez l'air bien sûr, commenta la vétérante du cinquième Enclin.

_ Moi aussi j'étais à Dénérim lors du combat final, j’agissais dans les coulisses mais je pense que je l'aurais remarqué si l'Archidémon que vous avez tué était recouvert de lyrium rouge.

_ C'était le cas pour le dragon de Darse, demanda-t-elle intrigué.

_ Oui, affirma Alyssa, il s'agit sûrement d'un dragon-sire qui a subit le même sort que les templiers rouges.

_ Au moins nous pouvons exclure la possibilité d'un nouvel Enclin, conclue l'ambassadrice.

_ Cette créature reste dangereuse, précisa le commandant, et nous ignorons où Corypheus va porter son prochain coup.

_ Nous savons qu'il cherche à faire assassiner l'Impératrice, les preuves que nous avons trouvés à Thérinfal sont accablantes, la barde savait de quoi elle parlait.

_ Imaginez le chaos que causerait sa mort. Corypheus et son armée... commença Joséphine.

_ Son armée de mages et de templiers, poursuivit Cullen, au moins, sur ce point-là, nous sommes à égalité.

_ Mais c'est loin d'être ses seules atouts. Dieu ou pas, Corypheus pourrait conquérir tout le Sud de Thédas.

_ Je serais plus rassuré si je savais contre quoi nous nous battons, trancha Léliana.

_ Je connais quelqu'un qui devrait pouvoir nous aider, déclara Varric qui venait d'entrer dans le hall. Tous ces gens qui se donnent corps et âmes, ça m'a rafraîchit la mémoire, alors j'ai envoyé un message à une vieille connaissance. Elle a déjà croisée la route de Corypheus, et en sait peut-être plus sur ce qu'il mijote. Elle peut nous aider.

_ Varric...

_ Ne vous inquiétez pas, Joyaux, en fait c'est une promesse que j'ai faite, il y a quelque temps. Le nain regarda rapidement par-dessus son épaule, il semblait manifestement inquiet, et gêné. Il serait préférable que vous vous rencontriez en privé, certains n'apprécierait de vous voir ensemble ou... de la voir tout court. Faites-moi confiance, c'est compliqué, expliqua-t-il avant de ressortir.

_ Très bien, déclara l'ambassadrice, nous sommes prêt à avancer sur ces deux sujets.

_ Quand vous voudrez Inquisitrice, ajouta Cullen.

_ Une chose est sûre : si Varric a invité qui je pense, Cassandra va le trucider. »

***

Joséphine avait été claire, le seul moyen de protéger l'Impératrice était de participer au bal qui se tiendrait au palais d'hiver d'Halamshiral, pour négocier la fin de la guerre civile. Alyssa s'y attendait mais elle aurait préférée des combats, au moins c'est quelque chose qu'elle connaissait, parce que les bals orlésiens... En plus du Noble Jeu, ils avaient lieux à des dates précises, et si cela donnait le temps à Joséphine d'obtenir des invitations pour un petit groupe, et à Léliana de rassembler des informations sur le palais et sur ceux qui participeraient au bal, ils devaient attendre deux mois entier ! Comment être sûr que l'assassinat n'aurait pas lieu avant ? Hélas, peut importe à quel point cela l'agaçait, Alyssa devait bien admettre qu'avec la guerre civile, il était impossible d'approcher l'Impératrice, et les quelques messagers envoyés par Joséphine et Léliana avaient tout bonnement disparus. Célène était responsable de la purge du Bas-Cloître d'Halamshiral, elle ne pouvait pas la pardonner, mais elle savait comment les nobles réglaient leur différents, qui bien souvent était absurde, alors l'Impératrice du lieu de naissance du Noble Jeu... Cela n'excusait pas ce qu'elle avait fait, mais Alyssa pouvait comprendre, elle avait agit pour le bien du plus grand nombre, cause certes louable mais qui s'avérait être une pente glissante, on consent à de petits sacrifice avant de passer aux grands... Mais y penser ne servais à rien, ils devaient attendre deux mois, et ils n'allaient certainement pas se tourner les pousses. De nombreuses régions avaient besoin d'aide, et Varric semblait avoir une piste intéressante. Nerveusement, elle monta les escaliers de la taverne, Blackwall arbitrait un concours de boisson entre Sera et Iron Bull, elle s'apprêta à franchir la porte du grenier mais quelqu'un était adossé contre cette dernière. Il s'agissait d'un guerrier dalatien arborant de court cheveux blonds, une épée à deux mains ornée d'une tête de loup posée contre le mur à sa droite. Alyssa se figea en le voyant, elle l'avait vu cette fameuse nuit mais, bien qu'elle se doutait qu'il était à Fort Céleste elle ne l'avais pas encore revus, et cela ne la dérangeait absolument pas. Durant tout ce temps passer auprès de l'Inquisition, le fait que les gens l'acceptent, qu'elle puisse être elle-même en public, cela l'avait amené a changer, et notamment à considérer le fait d'être une sorcière comme un simple détail, ce n'est pas ce qui la définit et cela ne régira pas sa vie. Mais, vu la façon dont c'était déroulé leurs au revoir, et puis elle n'y connaissait rien dans ce domaine... L'elfe se redressa et s'avança vers elle, elle sentie ses jambes faiblir, finalement, l'assemblée de toute à l'heure, c'était de la rigolade. Il s'arrêta plus loin qu'elle ne s'y attendait mais tout de même trop près pour son cœur.

« _ Tu sais que me regarder comme tu le fait, sans dire un mot, c'est assez perturbant ?

_ Euh je... Il fallait qu'elle parle, qu'elle s'excuse et peut être... Je dois rencontrer quelqu'un pour une affaire urgente, quel idiote, elle avait l'impression qu'on empoignait son cœur et qu'il allait exploser à tout moment. Elle tenta de le contourner mais ses jambes se dérobèrent sous elle, Thalasin la rattrapa, inquiet mais pas surpris.

_ Oulà, on nourrit pas les saintes à la Chantrie ?

_ Hein, quoi ? Quelle sainte, demanda-t-elle abasourdit.

_ Bah, on t'a bien appelé Messagère d'Andrasté, c'est pas loin de la canonisation, expliqua l'elfe.

_ Ah ça, oui mais c'est officieux, les gens m'ont appelés comme ça parce que... Ils avaient besoin de croire en quelqu'un alors... Elle transpirait, avait le regard fuyant, comment allait-elle s'en sortir. Il était si beau, son odeur enivrante, sa voix raisonnait dans ses oreilles et faisait tressaillir tout son corps. Elle savait pertinent ce qu'elle ressentait mais elle s'était montrée si sotte et maintenant, les mots ne voulaient pas sortir.

_ Je dois lui parler. Lui dire, pour que la douleur s'en aille, déclara une voix derrière elle.

_ Cole, souffla-t-elle, surprise et inquiète.

_ Elle est désolé. Elle voudrait effacer ce qu'elle a dit cette nuit-là. Quand le vieil arbre était en fleur.

_ Euh... Bonjour, dit Thalasin quelque peu surpris.

_ Bonjour, je m'appelle Cole.

_ Cole, répéta-t-elle, cette fois-ci sur un ton coléreux, qu'avions-nous dit sur le concept de vie privée ? Lui aussi, Alyssa avait pris soin de l'éviter depuis leur arrivée à Fort Céleste. D'une part pour qu'il ne crie pas sur tout les toits ce qu'elle essayait de dire à Thalasin, et d'autre part, pour qu'il ne raconte pas aux autres le rêve qu'elle avait fait cette fameuse nuit, surtout pas à Cassandra, Léliana ou Mère Giselle.

_ Mais vous voulez lui dire, se défendit le garçon. Mais vous n'y arrivez pas. Moi je peux lui dire.

_ Non, répondit-elle sèchement. Thalasin se posait visiblement des questions, elle devait démêler ce sac de nœuds, avec tout ce qui lui tombait dessus. L'irritation que suscitait l'esprit et l'inquiétude concernant les révélations qu'il pourrait faire avait donné à Alyssa un peu d'assurance. J'apprécie que vous vouliez m'aider mais il y a des choses que l'on se doit de faire seul.

_ Oh, d'accord, je vais allez mettre du miel dans le thé de Léliana, le jeune se retourna et se mit à marmonner comme à son habitude. Comment ont-ils pu la tuer ? C'était sa sœur. Ils les ont tous tués. Ils ont tous gâchés.

_ Dépêchez-vous, le pressa Alyssa les yeux écarquillés, il lui restait toujours ce problème. Le jeune homme disparut dans les escaliers menant à l'étage inférieur.

_ Voilà quelqu'un... d'intéressant, lâcha Thalasin perplexe. Comment a-t-il sut pour l'arbre ?

_ Oh euh... il entend toute sorte de chose, ça et là, sans que personne ne sache trop comment, il est comma ça, elle finit son explication par un rire nerveux.

_ Eh bien, tu n'as pas l'air de t'ennuyer, commenta-t-il.

_ Ça, c'est sûr, elle se calma quelque peu.

_ Je... Cette fois s'est Thalasin qui parlait mal à l'aise. J'aurais voulu que l'on parle, de ça... Je ne te force en rien, se pressa-t-il d'expliquer, tu mène ta vie comme tu l'entend ! Mais... on ne s'était pas vraiment expliqué donc...

_ M-Moi aussi, je voulais te parler mais... elle voulut se gifler pour ce qu'elle allait dire, je dois vraiment y aller. Thalasin sembla attristé. Mais je veux vraiment en parler !

_ Bien, répondit le guerrier, alors... demain ?

_ Demain c'est parfait !

_ Alors, à demain.

_ Oui, à demain. »

Les deux jeunes gens se séparèrent hâtivement. Ils ne s'était pas rendu compte que Sera, Blackwall et Iron Bull les épiaient depuis un moment. Sera et Iron Bull se lançaient de grands sourires, ils avaient trouvés bien mieux qu'un concours de boissons pour passer le temps. Le Garde, lui, avait les larmes aux yeux, il ne pouvait rester insensible devant de jeunes gens essayant de s'avouer leur sentiment. Le trio s'éclipsa de la taverne, ils allaient avoir besoin d'aide, et avoir l'appuie d'une barde et d'une ambassadrice ne serait pas de trop...

***

Alyssa se dépêcha, rangeant dans un coin de sa tête ce qu'il venait de se passer. Elle était l'Inquisitrice et, que cela lui plaise ou non, elle devait faire son "devoir", depuis quand était elle un soldat ? Elle espérait que l'amie de Varric pourrait vraiment leur en dire plus sur Corypheus, ils avaient accumulés suffisamment de questions, ils avaient droit à quelques réponses. Elle s'approcha de la petite terrasse sur les remparts, Varric l'attendais devant l'une des tours, il lui fit signe de la tête de descendre les petites escaliers se trouvant entre eux. Le nain affichait de nouveau son sourire habituel, ce qui rassura quelque peu la jeune femme. Elle s’exécuta et découvrit qu'une personne était déjà en train d'observer la vie de Fort Céleste. C'était une femme, portant une armure aux formes droites et pointues, mêlant plaques d'obsidienne, étoffes de fil de Hautecime et fourrure de loup noire, l'armure laissant son bras à gauche nu, à l'exception d'un gant assortis. Dans son dos, elle portait un bâton de mage, trois hydres de cœur d'orage entortillées entre elles. Ses cheveux blond platine ondulait dans la brise, lorsqu'elle se retourna, Alyssa fut captivée, non pas par sa peau mate qui trahissait ses origines riveniennes, mais par ses yeux d'un bleu profond, semblables à deux saphirs. L'armure trahissait l'identité de l'étrangère mais l'Inquisitrice attendit que Varric confirme son identité.

« _ Inquisitrice, je vous présente Hawke, Héraut et Vicomtesse de Kirkwall, le nain prit place aux côtés de sa vieille amie.

_ Bien que je n'aie plus trop l'occasion d'employer ces titres, renchérit l'apostate.

_ Saphir, voici l'Inquisitrice. Tu as sûrement de bon conseils à lui donner sur Corypheus. Après tout, on l'a combattu toi et moi.

_ Saphir ? Et moi je n'ai droit qu'à "Joyaux", se plaignit Alyssa sur un ton faussement outré.

_ Améthyste, je trouvais que cela faisait un peu longuet, s'expliqua le nain.

_ À votre place, je ne me plaindrais pas, à chaque fois que j’entends ce surnom, j'ai l'impression qu'il s'adresse à une fille de la Rose en fleur !

_ Et je maintiens que vous y auriez fait fortune, l’exotisme rapporte gros dans ce secteur. Vous auriez préféré le "Soupir exotique d'Orient", rétorqua Varric avant de s'éclipser. »

Esmérelle, car tel était le prénom du Héraut de Kirkwall, Alyssa avait rassemblée tous les renseignements qui lui était accessible sur cette dernière, tellement elle adorait les récits d'aventures. Esmérelle s'appuya de nouveau sur la rambarde, Alyssa fit de même.

« _ Cette vue me rappelle ma maison à Kirkwall. J'avais un balcon qui surplombait la cité toute entière. J'adorais ça, au début. Mais au bout d'un moment, je ne voyais plus que le peuple qui dépendait de moi.

_ Une simple cité, vous avez de la chance. Moi, c'est la moitié de Thédas.

_ Vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour les protéger, renchérit Esmérelle. Pour tout vous dire, quand Varric m'a dit que l'Inquisitrice était une sorcière, je m'attendais à une vieille femme vêtue de cuir et de plumes, avec les cheveux coiffés en forme de cornes, Alyssa ne comprit pas l'allusion. Donc Corypheus est toujours vivant, soupira-t-elle après un bref silence. Je pensais que les cadavres ne revenaient pas à la vie.

_ Savez-vous quoi que se soit à son sujet, l'Inquisitrice avait retrouvée son sérieux.

_ Les Gardes des ombres l'ont enfermé, mais il a réussit à les influencer : sûrement en exploitant ses liens avec les engeances.

_ Corypheus s'est immiscé dans leur tête, ajouta Varric qui était revenu, une chope à la main. Il leur a fourvoyé l'esprit. Il les a montés les uns contre les autres.

_ Si les Gardes ont disparus, il se peut qu'ils soient encore tombés sous son emprise.

_ Si c'est ce qui est arrivé aux Gardes, est-ce qu'on peut les libérer ?

_ C'est possible, mais encore faut-il savoir comment, rétorqua Esmérelle. J'ai un ami dans la Garde, il menait pour moi une enquête, sans lien avec notre affaire. Il s'appelle Stroud. La dernière fois que nous avons discuté, il s'inquiétait de la corruption qui rongeait les Gardes. Depuis, plus rien.

_ Une corruption qui est sûrement due à Corypheus, déduit Varric. Et ton ami, est-ce qu'il s'est volatilisé avec eux ?

_ Non. Il m'a dit qu'il irait se cacher dans une vieille grotte de contrebandiers, près de Boscret.

_ Merci pour votre aide, heureusement que c'est Weisshaupt qui a la main mise sur ses recherches, murmura Alyssa.

_ Vous avez dit quelque chose, Joyaux ?

_ Non, je me disais juste qu'il peut toujours y avoir pire.

_ Je vois mal comment la situation pourrait encore être pire, rétorqua le Héraut.

_ Ça vaut mieux, croyez moi... »

***

La musique d'un orchestre parvint à ses oreilles, tandis qu'elle s'échappa des draps de son lit à baldaquin, elle savait que c'était un rêve, elle pensait que c'était l'un de ses fameux rêves, mais c'était différent. Elle était dans sa chambre de Fort Céleste, elle venait de quitter son lit des Marches libres et vit dans son miroir son visage. Ne devait-elle pas être dans la peau d'une autre ? Plus intriguée qu'effrayée, elle quitta sa chambre et descendit les escaliers, bien décidé à découvrir la source de cette musique. Cette dernière avait une sonorité complètement différente de tout ce qu'elle avait entendue au fil de ses voyages, elle était plus "onirique", la jeune femme ne trouvait aucun autre mot pour décrire ce qu'elle ressentait en l'écoutant.

Tout en descendant les marches une à une, les pierres de Fort Céleste disparurent avant que d'autres ne surgissent de nulle part, changeant complètement le décor. En lieu et place d'un petit escalier qui descendait le long d'un mur troué, elle se retrouva à descendre un large escalier se terminant en arc de cercle. Deux somptueuses rambardes, faites d'épaisses tiges d'or qui s'entrelaçait comme les vrilles d'une vigne et agrémentées de feuilles de véridium finement ouvragées, encadraient la succession de marches de pierres polies. Elle aussi avait changée, sa courte chemise de nuit avait cédée la place à une magnifique robe de soie blanche, ornée de broderie d'argentite, reprenant le même schéma que les rambardes de l'escalier, et sertie d'un mélange de perles et de petits diamants. Elle avait à ses pieds des souliers à talons bas, attachés par des rubans de soie blanche qui enlaçaient ses chevilles. Dès qu'elle remarqua sa nouvelle garde-robe, son corps cessa de lui obéir, car elle n'était plus dans son corps, dans ce rêve, l'actrice était devenue spectatrice. Arrivant en bas des escaliers, son hôte, car à cet instant elle était dans le corps d'une autre, se retrouva face à une immense porte en bois, semblable à celles que l'on trouve dans les ruines elfiques. Deux soldats, portant une armure intégrale de véridium et d'argentite, s'inclinèrent devant elle avant de lui ouvrir, une intense lumière agressa ses yeux.

La musique se fit plus forte et fut bientôt accompagnée de voix, des commérages d'après Alyssa. Son hôte jeta un rapide coup d’œil à la pièce, un immense hall au moins dix fois plus grand que celui de Fort Céleste, le sol était couvert d'un carrelage orné de plantes et d'animaux aux couleurs chatoyantes, les murs étaient couvert de mosaïques représentant d'étranges figures animales. Le hall était traversé de deux lignes de colonnes de pierres, des plantes poussaient à leurs sommets et serpentaient à leur surface en descendant, la base des colonnes étaient des fontaines en forme de cercle, quatre têtes de halhs sculptées ornaient la base des piliers et remplissaient les bassins d'eau. Dans la salle, nobles et domestiques vaquait à leurs occupations en cette nuit, et c'était tous des elfes ! Alyssa était abasourdit, tous s'inclinaient devant son hôte, certains l'appelant "Votre Majesté" ou "Ma Reine", de qui était ce souvenir, tout cela ressemblait à un rêve de petite fille, excepté l'omniprésence des elfes. Son hôte salua les nobles d'un signe de la tête avant de se diriger vers l'autre bout de la salle, Alyssa remarqua au passage que les domestiques avaient le visage tatoué, contrairement aux nobles. Elle se retrouva face à une femme qui semblait attendre, elle se tenait droite et avait les mains dans le dos. Elle portait une robe sans manches, de couleur bleu et visiblement faite de soie, la dite robe était fendue au niveau de la jambe gauche, ce qui ajoutait une touche de sensualité lorsque la reine lui intima le repos. Le femme se relâcha et Alyssa remarqua qu'elle portait des manches libres, qui n'était pas rattachées à la robe et couvraient seulement ses avant-bras. La femme, une autre elfe, avait les yeux bleu ciel et ses cheveux blonds étaient tirés en arrière par une longue queue de cheval, son visage était tatoué de ronces vert sombre, et cela semblait s'étendre, contrairement aux domestiques, aux bras et à la poitrine.

« _ Ma reine, elle semblait gênée, quelqu'un souhaite vous rencontrer. En privé, précisa-t-elle. »

La reine ne répondit pas mais Alyssa sentait qu'elle était troublée. Elle fit un geste de la main, intimant la femme de l'escorter. Après avoir salué les nobles, elle traversa une longue passerelle de pierre, Alyssa admira le paysage éclairé par la lune, ils étaient dans les montagnes, un mince manteau de neige recouvrait de vastes forêts. La passerelle ressemblait d'avantage à un couloir de pierre, se dernier ayant, en guise de mur, des murets surmontés de larges ouvertures, permettant à l'air frais de passer. Soudain, le femme en bleu s'arrêta devant une nouvelle porte, s'inclina devant sa reine avant de rebrousser chemin. L'hôte d'Alyssa ouvrit la porte et pénétra dans un magnifique jardin extérieur, entouré de quatre murs de pierre gravé. Elle s'approcha doucement d'une petite mare et jeta de rapides coups d’œil aux alentours. Soudain, elle sentie qu'on lui prit le bras, surprise, elle se retourna et fit face à un homme, un elfe dont les cheveux blond était en bataille et portant une lourd armure de véridium gravée de runes et ornées d'or. Il lui sourit et la reine l'embrassa fougueusement en passant ses mains autour de son coup, l'homme lui rendit son étreinte et sa passion. Alyssa était surprise et choqué, ce n'était absolument ce dont elle avait l'habitude, était-ce réellement un souvenir ou ses problèmes de communications avec Thalasin la poussait à fantasmer ? Pourtant, ce n'était pas Thalasin que la reine embrassait. Après quelques minutes, ils se séparèrent, ce qui valut à Alyssa de pousser un soupir onirique de soulagement.

« _ Que fait le capitaine de la garde royale si loin de la capitale, demanda la reine sur un ton rieur.

_ Je ne fait que mon devoir et je veille à vous protéger en toute circonstance, répondit-il. »

Il s'agenouilla et tendit sa main droite à sa reine. Celle-ci, amusée, fit apparaître, d'un geste de la main, des silhouettes éthérées, celles de musiciens qui se mirent à jouer. Après une révérence, elle posa sa main sur celle de son partenaire. Ils commencèrent alors à valser, sous le clair de lune, au milieu d'arbres majestueux et de fleurs aux parfums enivrants. Alors qu'ils profitaient de la soirée, à l'abri des regards, Alyssa vit la reflet de la reine, dans l'un des vitraux ornant les murs de pierres. C'était une elfe au teint très pâle, ses cheveux était d'un blanc nacré, et ses yeux, aux iris toutes aussi blanches, évoquait la pleine lune. Mais ce qui interpella vraiment la rêveuse, c'était le pendentif de la reine, de fines tiges d'argentite entrelacées, formant une étoile à huit branches, et sertie d'une unique perle. Alyssa perdit brusquement les sensations de la reine, et son champ de vision se bloqua sur le vitrail. La musique cessa, et tout ce qui l'entourait fut remplacé par l'obscurité à l'exception du reflet. Tandis que le contour du vitrail se morcelait, le reflet de la reine changea, ses yeux s'illuminèrent d'une lumière argentée, et cette lumière dessina des marques sur ses mains, son cou et son visage. Alors qu'Alyssa crut voir le reflet bouger les lèvres, une voix résonna dans son esprit « Réveille-toi! ».

L'Inquisitrice se réveilla dans son lit à baldaquin. Se redressant lentement, elle observa sa chambre, tout était normal et elle n'entendait plus de musique, tout était calme. Après quelques secondes d'hésitation, elle se leva et ferma dans un premier temps la porte menant au balcon, le vent était bruyant et glacial en cette nuit. Puis elle alla se regarder dans le miroir de la salle de bain qu'on lui avait aménagé. Son visage était inexpressif et elle tritura l'un de ses deux médaillons, celui de sa mère, une étoile d'argentite orné d'une perle.

***

Léliana buvait son thé en relisant les rapports sur l'attaque de Darse, tous ses agents avaient reçus leurs ordres et la volière était calme. Elle soupira en reposant les papiers sur son bureau, l'Inquisitrice avait lourdement insisté sur le fait que seul Corypheus était à blâmer pour la destruction de Darse, et la maître-espionne voulait vraiment penser la même chose mais elle n'arrivait pas à se défaire de ce sentiment de culpabilité. C'était à elle d'anticiper ce genre de situation après tout. Elle tendit sa main pour saisir un autre rapport, celui sur les pertes en Dalatie, là où se tenait les principaux combats opposant l'Impératrice Célène à son cousin, le Grand Duc Gaspard. La barde sentit que quelque clochait, la lumière de la lune ne projetait pas seulement son ombre dans la pièce, mais aussi celle d'une autre personne, qui se tenait derrière elle. Lentement, elle dirigea son autre main vers l'une de ses bottes, et en sortie une lame cachée. En un instant, elle se leva, se retourna et brandit l'arme face à l'intrus, qui était une intruse. Elle se retrouva face à une elfe qui devait faire à peu près sa taille. Elle portait une pantalon de velours noir, une tunique du même tissus avec des protections matelassées sur les épaules, les bras et les gants, toutes noires également, ainsi que des bottes en cuir, noir. L'elfe avait aussi les cheveux noirs et, à l'exception d'une mèche qui retombait sur son œil droit, tirés en arrière en un chignon qui laissait s'échapper de nombreuses mèches à sa base, cela rappela à Léliana un chrysanthème en train de fleurir. L'inconnu regardait la barde avec ses yeux vert sombre, elle lui adressa un sourire en coin, cette expression tilta dans l'esprit de Léliana, qui reconnut de suite la jeune femme.

« _ Rihannon, s'exclama-t-elle, surprise de la voir ici.

_ Bonsoir Rossignol, répondit-elle sereinement.

_ Que faite-vous ici ? Demanda la maître-espionne qui reprenait son calme.

_ Je viens voir la fameuse Inquisition, et prendre de vos nouvelles.

_ Prendre de mes nouvelles, Léliana savait pour qui l'elfe travaillait, c'est la reine qui vous envoie ?!

_ Comme l'on pouvait s'y attendre de la part de notre chère orlésienne, renchérit une voix d'homme. »

Léliana sourit en entendant cette voix qui ravivait en elle tout un tas de souvenir, Rihannon, elle, grogna faiblement avant d'aller vers le petit bureau. Au même moment, un homme entra par la porte menant au balcon, c'était un autre elfe, la peau mate, des cheveux blonds tiré en arrière avec deux fines tresses qui partaient chacune d'un côté de son front, avant de se réunir en une seule à l'arrière de sa tête. Trois lignes ondulées noires étaient tatouées sur le côté gauche de son visage. Il ouvra en grand ses bras avant de s'avancer vers sa vieille amie.

« _ Ma chère Léliana, comment allez-vous, s'exclama-t-il avant de coincer une dague de jet, envoyé par sa partenaire, entre deux des doigts de sa main gauche.

_ Je vais bien Zevran, et vous aussi à ce que je vois, la barde sourit en constatant que Zevran était toujours aussi Zevran.

_ Et il est assez près, ajouta l'elfe en noir, qui appuyait ses mains sur le bureau de la maître-espionne.

_ Allons Rihannon, dit-il sur un ton mielleux, ne puis-je saluer comme il se doit une amie que je n'ai pas vue depuis des années ?

_ Justement, répondit-t-elle en lui adressant un demi-sourire, pour ce qui est de saluer une amie, vous n'avez pas besoin de vous approcher d'avantage.

_ Ne soyez pas jalouse, vous savez bien que Zevran est votre dévoué serviteur, il fit une courte révérence avant de reprendre en souriant, il ne faudrait pas offusquer le Sénéchal de l'Inquisition par vos manières agressives.

_ Oh, je crois que je saurais m'en remettre, renchérit cette dernière avant de se tourner vers Rihannon, vous n'avez pas répondu à ma question, est-ce elle qui vous envoie ?

_ Ses recherches ont pris une tournure inattendue, l'obligeant à revenir sur ses pas, mais elle ne tient pas à ce que l'on ai vent de son retour avant quelques temps, par sécurité, expliqua Rihannon.

_ Donc elle est à Férelden ?!

_ Vous savez que j’obéis aux ordres, se plaignit l'agent, cette dernière rassembla les documents éparpillés sur la table, et de plus, vous avez vos propres problèmes, Zev ? »

L'ancien Corbeau sortit une enveloppe de l'une des très nombreuses poches secrètes de son armures, et la tendit à Léliana. Celle-ci s'empressa de l'ouvrir et la lue avec attention, fronçant un peu plus les sourcils à chaque ligne du contrat d'exécution.

« _ Vous m'excuserez pour le sang, ajouta l'assassin, son dernier propriétaire n'était pas du genre à partager, c'était l'accident bête.

_ Je vois, déclara finalement la barde en rangeant la lettre dans son enveloppe, quand l'avez-vous obtenue ?

_ Il y a deux jours, répondit-il, en venant ici.

_ Vous devriez d'abord vous préoccuper de votre nouvelle Inquisitrice, avant de vous inquiéter pour quelqu'un qui a unit Férelden face à l'Enclin.

_ J'ai entendu dire que la femme qui vous avez nommé Inquisitrice était une sorcière, est-elle aussi charmante que notre chère Morrigan ?

_ Par la Créateur, c'est une belle femme mais elle, au moins, elle se soucie des autres !

_ Aaah, belle et vertueuse, est-ce qu'elle aime les elfes ?

_ Oui, Léliana sourie, et elle a déjà quelqu'un en tête.

_ Oh non, répondit Zevran sur un ton désinvolte, pourquoi faut-il que toute les héroïnes soient déjà prise, une dague de jet frôla le côté gauche de son visage avant de se planter dans le mur derrière lui, quelques cheveux blonds flottait devant lui, je plaisantais, très chère.

_ Je sais, sourie Rihannon.

_ Je vais m'assurer que la garde soit renforcée devant la chambre de l'Inquisitrice, qu'allez-vous faire maintenant ?

_ Personnellement, je vais faire en sorte que mes anciens amis ne s'en prennent pas à vos nouveaux amis, déclara l'assassin en affichant un sourire malicieux.

_ Quant à moi, je vais aller flâner chez le Grand Duc, Rihannon posa soigneusement la pile de documents sur le bureau avant de rejoindre Zevran, je me demande ce que ses nobles alliés auront la bêtise de dire devant une "abrutie d'oreilles pointus". »

Les deux assassins, partirent comme ils étaient venus, par les toits, laissant Léliana seule avec ses documents. Au moins, elle savait que son amie se portait bien. Elle s'appuya sur la rambarde métallique et vit que Solas discutait avec l'Inquisitrice, dans la rotonde, elle était en robe de chambre.

***

Alyssa fixait sa tasse de thé. Elle avait tout dit à Solas, les souvenirs qu'elles pouvait revivre dans les ruines qu'elle avait explorée, la mort des sorciers qui l'ont précédés qu'elle revivait dans ses rêves et le rêve qu'elle venait de faire tout à l'heure. Solas l'avait calmement écouté, il n'avait pas douté de ses paroles et ne l'avais pas non plus traité de folle, ce qui était déjà une bonne base pour la jeune femme. Il était assis à côté et était plongé dans un profond mutisme depuis un bon quart d'heure, ce qui stressait l'Inquisitrice.

« _ Vous pouvez dire que je suis folle, ce n'est pas moi qui vous contredirais, finit-elle par lâcher.

_ Non, c'est juste que je n'avait jamais entendu parler de tel phénomène, vous dites que vous ne pouvez pas arpenter l'Immatériel mais que vous pouvez voir les souvenirs qui imprègnent un endroit ? Comment ?

_ C'est assez rare en fait, pour cela le Voile doit être très fin mais il ne doit pas être déchiré. Quand cela arrive les barrières entre les mondes ne sont pas inexistantes mais..., elle n'était pas douée pour les explications, elle laissais la théorie magique aux membres de la Loge normalement, elles sont troubles, confondues, comme une abomination. L'esprit du mage et du démon perdent leur individualité pour qu'il n'en reste plus qu'un, l'apostat se contenta de hocher la tête. Tous les événements qui se produisent par la suite font des échos, et ces derniers rebondissent en passant au travers de ce sac de nœuds jusqu'à ce que le phénomène cesse. Les échos se retrouvent alors piégés dans notre monde, comme si on avait mis une cloche en verre par dessus, et ils imprègnent l'endroit.

_ C'est fascinant, je ne pensait pas que l'on pouvait connaître de tel expérience sans interagir avec l'Immatériel, avoua Solas.

_ Comme je l'ai dit c'est très rare, hormis de très vagues images, le seul cas où cela m'est arrivé c'était, elle se tue un moment pour réfléchir, il y a trois, non, quatre ans ? Il s'agissait de ruines souterraines mais les échos y étaient trop fort et trop nombreux, c'était assourdissant, oppressant, j'ai du rebrousser chemin.

_ Peut-être qu'avec les bons compagnons de routes, une seconde tentative sera plus productive, supposa Solas en souriant.

_ Peut-être, mais ce n'est pas pour ça que je suis venu vous voir en robe de chambre...

_ Mes excuses Inquisitrice, j'ai laissé ma curiosité parler pour moi. Je crois que c'est... projections dans le passé, ont pour but de vous faire passer un message, y avait-il quelque chose qui vous préoccupait aujourd'hui ?

_ Vous voulez dire, à part tout ce qui touche à l'Inquisition ?

_ À part ça, oui, répondit Solas dans un léger rire. »

L'Inquisitrice réfléchit quelques instants. À part les Gardes et Orlaïs, qu'est-ce qu'elle avait eut comme source d'inquiétude ? Elle chercha un peu avant de penser à Thalasin, ses joues s'empourprèrent aussitôt.

« _ Y aurait-il un rapport avec le Clan Ralafeïrin ?

_ Pourquoi dite-vous ça, demanda-t-elle nerveusement.

_ Il se trouve que l'Archiviste et Mère Giselle s'entendent plutôt bien, expliqua l'apostat, ils ont beaucoup parlés d'histoire, de religion et de l'Inquisition. Puis ils ont parlés de vous, la jeune femme déglutit, apparemment vous éviteriez un certain Thalasin...

_ Pourquoi a-t-il été raconter ça, s'énerva Alyssa, sa vie sentimentale ne regardait en rien le chef du Clan.

_ Parce qu'il s'inquiète, techniquement, c'est votre grand-père.

_ Techniquement, nous ne sommes pas liés par le sang et techniquement, je l'ai rencontré à l'âge de 21 ans donc, techniquement, ce n'est pas mon grand-père.

_ Inquisitrice, vous n'avez à réagir de la sorte.

_ Je sais... Désolé, je suis fatigué. Je vous remercie de m'avoir écouté et... j'ai prévu de... régler le problème demain, elle se leva et se dirigea vers le hall.

_ Inquisitrice, l'appela Solas, il redoutait sa réaction mais il devait s’assurer qu'aucun problème personnel ne la détournerait de sa mission, c'est Cole, il m'a dit que quelque chose vous tourmentait depuis que l'on vous a retrouvé dans les Dorsales.

_ Comme je l'ai dit à Cole, je veux résoudre mes problème par moi-même, répondit-elle sèchement.

_ Vous savez que tous le monde vous soutiens, et j'espère juste que vous n'hésiterez pas à demander de l'aide si vous en avez besoin, il l'entendit poursuivre son chemin, vous n'avez pas à tout assumer seule. »

Elle claqua la porte. Solas se retrouva seul dans la rotonde. Cole était venu le trouver dans l'après-midi, lui demandant ce qu'il devait faire. Il avait ressentit l'angoisse de l'Inquisitrice, quelque chose qu'elle voulait révéler mais elle lui avait intimé le silence. Ce comportement avait laissé l'apostat perplexe, et la façon dont elle venait de réagir ne faisait que renforcer son inquiétude. En levant la tête, il remarqua que Léliana observait, probablement depuis un moment, ce qui se passait dans la salle. Leurs regards se croisèrent, et silencieusement, ils se mirent d'accord : la sorcière gardait encore bien des secrets.
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